Philippines: Sanofi «en désaccord» avec les conclusions de l'enquête menée sur son vaccin

DENGUE En 2017, 837.000 enfants avaient été vaccinés contre la dengue, avant de stopper la campagne jugée dangereuse pour les personnes jamais infectées

20 Minutes avec AFP

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Manifestation contre la campagne de vaccination de Sanofi, le 5 mars 2018 aux Philippines.
Manifestation contre la campagne de vaccination de Sanofi, le 5 mars 2018 aux Philippines. — Bullit Marquez/AP/SIPA

Sanofi a exprimé son « profond désaccord » ce vendredi, après sa mise en cause aux Philippines. Son vaccin contre la dengue est soupçonné d’avoir entraîné de décès d’enfants.

Le département de la Justice philippin a annoncé vendredi qu’il y avait des raisons d’engager des poursuites contre des responsables de Sanofi pour « négligence grave ayant entraîné la mort » et que le tribunal serait saisi, sans donner de calendrier.

837.000 écoliers vaccinés en 2017

« Nous sommes en profond désaccord avec les conclusions formulées à l’encontre de Sanofi et de certains de ses employés et nous les défendrons vigoureusement », a réagi le groupe pharmaceutique dans une déclaration. Sanofi a ajouté que, compte tenu de la procédure en cours, il ne ferait « pas d’autres commentaires à ce stade ». Le groupe a toujours affirmé n’avoir jamais identifié aucun décès lié à l’administration de son vaccin.

L’affaire avait débuté fin 2017, après une campagne de vaccination publique qui avait concerné 837.000 écoliers. Sanofi avait présenté le Dengvaxia, premier vaccin contre la dengue au monde, comme une percée dans le combat contre cette maladie transmise par des moustiques et qui fait chaque année des centaines de morts dans l’archipel, essentiellement des enfants.

Symptômes aggravés dans certains cas

Mais le géant y avait créé la panique fin 2017 en annonçant que le vaccin pouvait aggraver les symptômes chez les personnes jamais infectées auparavant en cas d’exposition au virus. Dans la foulée, Manille avait suspendu sa campagne de vaccination tandis que des centaines de milliers de parents terrorisés se demandaient si leurs enfants étaient en danger.

Le ministère philippin a précisé vendredi que ces poursuites se fondent sur une enquête sur la mort de dix enfants, en ajoutant que d’autres plaintes font encore l’objet d’une enquête. Le ministère a ajouté que des poursuites seront aussi engagées contre des responsables du ministère philippin de la Santé.