Tunisie: Dix-neuf lettres «empoisonnées», ciblant des personnalités publiques, saisies par les autorités

TERRORISME Le ministère a appelé les hommes politiques, les journalistes et les syndicalistes et les personnalités publiques à prévenir les services de sécurité en cas de réception de lettres suspectes

20 Minutes avec AFP

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Des officiers de police sur l'avenue Bourguiba en Tunisie, le 29 octobre 2018.
Des officiers de police sur l'avenue Bourguiba en Tunisie, le 29 octobre 2018. — Riadh Dridi/AP/SIPA

Dix-neuf lettres, destinées à des hommes politiques, des journalistes et des personnalités publiques et contenant des substances toxiques, ont été saisies, ce vendredi, en Tunisie, a annoncé le ministère de l’Intérieur du pays, qui dénonce la tentative d’un « groupe terroriste ».

« Les services de la sécurité nationale ont reçu des informations sur la planification d’un groupe terroriste à envoyer des lettres empoisonnées destinées à certaines personnalités politiques, syndicalistes et médiatiques », a précisé le porte-parole du ministère Sofiène Zaag.

« Une nouvelle stratégie de ces groupes »

En coordination avec le pôle antiterroriste, des unités des forces de sécurité ont pu saisir les dix-neuf lettres, rapidement envoyées aux services techniques spécialisés qui ont confirmé l’existence de substances toxiques à l’intérieur des enveloppes de ces lettres. Selon Sofiène Zaag, il s’agit d'« une nouvelle stratégie de ces groupes qui prouve leur échec, vu les mesures sécuritaires rigoureuses prises par les autorités pour faire face à tout acte terroriste criminel dans le pays ».

Une enquête a été ouverte pour identifier les responsables et la direction générale de la sûreté nationale s’est engagée à prendre toutes les mesures sécuritaires et judiciaires nécessaires dans cette affaire, a ajouté dans un communiqué le ministère de l’Intérieur. Le ministère a appelé aussi les hommes politiques, les journalistes et les syndicalistes et les personnalités publiques à prévenir les services de sécurité en cas de réception de lettres suspectes.

Le pays ébranlé par les attentats de 2015

Depuis la révolution en 2011, la Tunisie fait face à l’essor d’une mouvance djihadiste extrémiste qui a ébranlé l'industrie touristique et qui s'en est également pris aux forces de sécurité, tuant des dizaines de policiers et de soldats tunisiens. Même si la situation sécuritaire s’est nettement améliorée, le pays reste sous état d’urgence depuis un attentat sanglant dans le centre de Tunis en 2015 ayant tué 12 agents de la sécurité présidentielle.

L’année 2015 avait aussi été marquée par deux autres attentats sanglants de l’organisation Etat islamique (EI) contre des touristes au musée du Bardo à Tunis et dans une zone touristique de Sousse (est) qui avaient fait au total 60 morts (59 touristes et un policier).