Cindy McCain, l'Arizona girl

USA 2008 Discrète, Cindy McCain a joué un rôle considérable dans la carrière de son mari.

Gilles Bouvaist

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Chez les républicains, les quatre victoires de M. McCain lui ont permis d'éliminer son rival Mike Huckabee. Héros de la guerre du Vietnam, âgé de 71 ans, John McCain avait frôlé l'abandon l'été dernier faute d'argent et de conseillers. Il a obtenu plus des 1.191 délégués du parti républicain nécessaires pour s'assurer l'investiture.
Chez les républicains, les quatre victoires de M. McCain lui ont permis d'éliminer son rival Mike Huckabee. Héros de la guerre du Vietnam, âgé de 71 ans, John McCain avait frôlé l'abandon l'été dernier faute d'argent et de conseillers. Il a obtenu plus des 1.191 délégués du parti républicain nécessaires pour s'assurer l'investiture. — Timothy A. Clary AFP
De notre correspondant à New York

Hawaï, 1979. Officier de liaison avec la Marine, John McCain se trouve de passage sur l’île avec une délégation du Congrès. Lors d’une réception, il a le coup de foudre pour cette ancienne pom-pom girl et «Rodeo Queen 1968», de 17 ans sa cadette ( elle a 25 ans, lui 43). Elle vit à Phoenix, et son nom est connu dans toute la ville: elle est la fille de Jim Heinsler, le propriétaire millionnaire du distributeur local de la société Anheuser-Busch (qui produit la bière Budweiser aux Etats-Unis). Lui-même ancien pilote, il se réjouit de voir un vétéran auréolé de prestige se marier avec sa fille (McCain divorcera d’abord avec sa première femme). Cindy et lui auront trois enfants.

A Phoenix, le père de Cindy nomme John McCain vice-président des relations publiques de sa société, un poste bien commode pour rencontrer les gens qui comptent dans l’Arizona et se bâtir les réseaux pour décrocher un siège à la chambre des représentants. Cindy aidera à financer sa victoire grâce à ses parts dans une société appartenant à son père (elle est aujourd’hui présidente du Conseil d’administration d’Heinsler & Co.). USA2008

Accro aux médicaments

Mais alors que son mari devient une figure nationale, elle se met en retrait. On la dit «oppressée» par l’ambiance de Washington et elle préfère rester, souvent seule, dans leur fief de l’Arizona. Autre ombre au tableau, son addiction aux analgésiques: de 1989 à 1992, elle s’est servie de l’ONG qu’elle dirige, l’American voluntary medical team, qui intervient dans des pays du Tiers monde, pour se faire prescrire de grosses quantités de médicaments.
En 1994, alors que l’affaire «fuite», Cindy McCain confie à la presse locale avoir été dépendante aux médicaments: «Si mes révélations peuvent aider ne serait-ce qu’une seule personne, cela en vaut la peine.» Une opération médiatique qui lui permettra de ressortir peu égratignée par l’affaire: elle n’a pas été poursuivie. Depuis, l’ONG a fermé ses portes, mais la possible first lady continue à œuvrer au sein de nombreuses œuvres de charité, notamment Operation smile ou contre les mines anti-personnelle.

«Très fière de mon pays»

La campagne de son mari en 2000, où elle s’est contentée de faire bonne figure à ses côtés, a laissé des traces. Les rumeurs portées contre lui d’avoir eu une fille noire hors mariage (alors qu’elle a elle-même ramenée l’enfant, Bridget, du Cambodge pour l’adopter) l’ont laissée en froid avec George W. Bush. Elle a critiqué ce dernier pour n’avoir pas envoyé assez de troupes en Irak (où se trouvent deux de ses enfants).
Cette année, elle parle peu, mais durement, comme lors d’une allusion appuyée à la remarque de Michelle Obama se disant «fière de son pays pour la première fois»: «Je ne sais pas pour vous, si vous avez déjà entendu cette phrase, mais je suis très fière de mon pays.» Depuis silence radio, mis à part une réaction embarrassée lors du «Farfallegate», une «recette de cuisine de Cindy» retirée du site de John McCain parce que plagiée sur la chaîne Food Network...
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