Les primaires républicaines en 10 dates

USA 2008 Vous n'avez rien suivi? Séance de rattrapage...

Philippe Berry, à Los Angeles

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Côté républicain, les analystes avaient correctement prédit la victoire du sénateur franc-tireur John McCain, héros de la guerre du Vietnam de 71 ans qui a fini par l'emporter avec près de 38% des suffrages estimés, alors qu'il avait frôlé l'abandon l'été dernier, confronté à une hémorragie d'argent et de conseillers.
Côté républicain, les analystes avaient correctement prédit la victoire du sénateur franc-tireur John McCain, héros de la guerre du Vietnam de 71 ans qui a fini par l'emporter avec près de 38% des suffrages estimés, alors qu'il avait frôlé l'abandon l'été dernier, confronté à une hémorragie d'argent et de conseillers. — Don Emmert AFP

Les primaires républicaines devaient se jouer entre Romney et Giuliani. Comment McCain a-t-il réussi à surprendre tout le monde? Réponse en dix dates.

 

25 avril 2007: McCain remet ça

Tirer les leçons de son échec. En 2000, McCain le maverick avait un temps fait figure de favori avant de s’écrouler face à Bush dans une course pas très sport. Après une annonce informelle dans le Late Show de David Letterman, il choisit Portsmouth, dans le New Hampshire (qu’il avait remporté il y a huit ans) pour donner le coup d’envoi officiel de sa campagne.

 
Juillet 2007: Au plus mal

McCain ne décolle pas. Malgré une campagne menée sans relâche dans son Straight Talk (franc-parler) Express Bus, les caisses sont vides et les sondages moroses. Il paie notamment  sa participation au projet bipartisan de réforme de l’immigration, des plus impopulaires chez les conservateurs. McCain vire son manager de campagne et son principal stratégiste, les équipes fondent de moitié, et il souscrit un emprunt. Une stratégie de la dernière chance se met en place: tout miser sur les premiers scrutins.

 

29 novembre 2007: Débat YouTube/CNN

Au-dessus de la mêlée. Tandis que Mitt Romney et Rudy Giuliani, s’étripent sur l’immigration, John McCain joue les vieux sages. Avec son expérience, il s’estime «le mieux placé pour gagner la guerre en Irak». Il s’oppose fermement à la technique d’interrogation par «water-boarding» qu’il considère «comme une forme de torture». La vie dit-il, «ce n’est pas la série 24 heures avec Jack Bauer». Mais dans les sondages, il ne décolle toujours pas et assiste à l’ascension de l’invité surprise: ce bon vieux pasteur de Mick Huckabee.

 

Début janvier 2008: plus ouvert que jamais

La sensation Huckabee. Le gouverneur de l’Arkansas, sans un sous, coiffe tout le monde au poteau le 3 janvier dans l’Iowa, pour le premier Caucus. Comme quoi, les spots aux côtés de Chuck Norris, ça paie. Le grand perdant, c’est Romney, qui n’avait pas regardé à la dépense mais termine deuxième. McCain, 4e, regarde vers le New Hampshire… Qu’il remporte 5 jours plus tard. Dans la foulée, l’argent commence à rentrer. Mais suite à la victoire de Romney dans le Michigan mi janvier, les primaires républicaines n’ont jamais semblé aussi incertaines.

 

Fin janvier 2008: McCain prend l’avantage

Rudy au tapis. Il avait soit disant le plus de ressources pour mener une campagne nationale. Mais en choisissant de quasi zapper les premiers scrutins pour se concentrer sur le Super Tuesday de février, l’ancien maire de New York a opéré l’un des plus beau suicide politique de l’histoire. Le 29 janvier, il termine 3e de la primaire win or die en Floride –remportée par McCain. Il jette l’éponge et apporte son soutien à son adversaire, qui reçoit également l’appui d’Arnold Schwarzenegger. McCain devient le front-runner.

 
 

5 février 2008: Super Tuesday, Super McCain

Ca se précise pour John. Plus la nuit avance, plus il apparaît comme le grand vainqueur de ce marathon qui voit presque la moitié des Etats-Unis voter. Il empoche notamment la Californie et New York. Il lance: «Même si ça ne me dérangeait pas d’être un outsider, je crois qu’il va falloir s’habituer à ce que je sois le probable nominé». Dans le foulée, Romney arrête les frais et place ses pions pour la vice-présidence en apportant rapidement son soutien à McCain. Huckabee continue.

 

20 février: McCain et la lobbyiste

Une campagne sans rumeur de coucherie, c’est un peu comme des JO sans soupçon de dopage. Selon deux anciens collaborateurs de McCain, cités sous couvert d’anonymat par le New York Times, le candidat aurait eu «une relation romantique» avec Vicki Iseman, une lobbyiste impliquée dans sa campagne en 2000. McCain dément farouchement et le journal n’amène pas vraiment de preuves. Rien de tel qu’un ennemi commun libéral pour fédérer: de nombreux conservateurs, jusque-là très tièdes sur candidature de McCain, se rangent derrière lui.

 

4 mars: nomination assurée

Il n’y avait plus vraiment de suspens. McCain s’assure mathématiquement la nomination. Huckabee arrête. Si Chuck Norris avait des larmes, il pleurerait.

 

Printemps 2008: McCain on the road

Tranquille, John. Pendant qu’Hillary et Obama nous rejouent Règlement de compte à OK Coral, McCain se lance dans une tournée de l’Amérique oubliée, son autobiographie toute fraîche sous le bras. Petit tour également en Europe, et au Moyen-Orient.

 

Eté 2008: A l’offensive

Les forces Russes s’invitent en Géorgie début août. McCain prend Obama de court et cause comme s’il était président. Parallèlement, ça bombarde de spots télé bien choisis dans les Swing States et voilà un McCain en position idéale: celle du chasseur. Qui s’imposera dans le sprint final? Réponse le 4 novembre. usa2008