Conventions, le best of

USA 2008 Ce qu'il faut faire (et éviter) pour rester dans l'histoire

Gilles Bouvaist

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De notre correspondant à New York

La réussite d’une convention dépend beaucoup des discours qui s’y tiennent et de ceux qui les prononcent. Souvent utiles pour ressouder le parti, ils ne suffisent pas toujours pour être élu. Flashback sur quelques moments marquants de cet événement bien américain.USA2008

Eviter les débordements, mais pas trop
1968. Le mouvement hippie tourne vinaigre. Les émeutes se multiplient dans les grandes villes et Robert Kennedy, le frère de JFK, est assassiné. A la convention démocrate de Chicago, Richard Daley, le maire de la ville et l’un des patrons du parti, veut reprendre la main sur un parti divisé. Il envoie la police mâter la contestation. La violence policière, diffusée à la télévision, choque tout le pays, et débouchera sur une refonte complète des conventions démocrates.




Les jusqu’au-boutistes

En 1976, après avoir tenté jusqu’au dernier moment de décrocher la nomination en lieu et place de Gerald Ford, Ronald Reagan, alors gouverneur de Californie, prend quand même la parole tout à la fin de la convention. Et tous les délégués se rendent compte qu’ils ont misé sur le mauvais cheval...



Quatre ans plus tard, chez les démocrates, Ted Kennedy, tente vainement de barrer la route à un second terme de Jimmy Carter. Cette fois-ci, c’est Reagan qui remportera l’élection.

L’humour texan ne suffit pas toujours
Ann Richards, secrétaire au Trésor du Texas (dont elle deviendra gouverneur) se fout méchamment en 1988 de la gueule de George Bush senior. Il découvre. Le hic: les démocrates perdront les élections et quatre ans après, Bush junior lui piquera son poste.

>>> Conventions, mode d'emploi: c'est par ici>>>

Eviter le ton apocalyptique
Lors de la convention républicaine de 1992, axée sur Dieu et la famille, Patrick Buchanan, très à droite du parti, met mal à l’aise avec un discours angoissant sur le déclin des valeurs et la menace démocrate. Ça fait peur à tout le monde. Les républicains perdent face à Bill Clinton.

Le lyrisme paye… parfois

En 1984, Mario Cuomo, le gouverneur de New York, joue le rôle de « keynote speaker » –celui qui prononce le discours donnant le ton de la convention. Son éloquence émeut toute l’assistance lorsqu’il souhaite pour président «un démocrate qui ne soit pas issu d’une lignée de rois, mais de pionniers et d’immigrants». Le discours est resté un classique mais c’est Reagan qui a été réélu.



Vingt ans plus tard, Barack Obama donnera le «la» de la convention démocrate intronisant John Kerry. Les démocrates seront battus, mais sa carrière est lancée.