Mali: L'explosion d'un cadavre piégé tue 17 civils dans le centre du pays

ATTENTAT Un engin explosif était enfoui dans le corps d'un homme abattu

20 Minutes avec agences

— 

La région du Sahel, au nord du Mali (illustration).
La région du Sahel, au nord du Mali (illustration). — PETIT TESSON-POOL/SIPA

Dix-sept civils ont été tués dans l’explosion d’un cadavre piégé, ce mardi, à Diankabou, une commune du centre du Mali. Quinze autres personnes ont également été blessées.

Un engin explosif était « enfoui dans le corps d’un homme abattu », a indiqué un élu local au lendemain de cet attentat.

« Une méthode que les djihadistes utilisent »

Les parents d’un homme disparu, qui était allé chercher de la nourriture pour son bétail, ont découvert son corps. Selon une source de sécurité, ils « ont approché imprudemment le cadavre qui a explosé en tuant dix-sept personnes. Les hommes armés qui ont assassiné l’homme ont mis dans et autour de son corps des explosifs. »

« C’est une méthode que les djihadistes utilisent pour avoir le plus grand nombre (de victimes) dans les attentats », a expliqué une autre source de sécurité malienne.

Une attaque similaire au Burkina Faso

Dans le nord du Burkina Faso voisin, deux militaires ont également été tués le 14 février dernier lors d’une attaque menée avec un procédé similaire, selon l’état-major général des armées burkinabé. Six personnes ont été blessées.

C’est apparemment la première fois qu’une attaque de ce type a lieu dans ce pays pauvre, qui fait face depuis plusieurs mois à une explosion de violences attribuées à des groupes djihadistes.

Plus de 500 morts en 2018

Le nord du Mali est tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes islamistes liés à Al-Qaida. Ils en ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier au Burkina Faso et au Niger. Ces attaques se mêlent souvent à des conflits intercommunautaires, qui ont fait plus de 500 morts parmi les civils dans le centre du Mali en 2018, selon l’ONU.