Les tweets d'Elon Musk risquent de coûter très cher à Tesla

CLAUSE Mi-octobre, Elon Musk avait conclu un accord avec le gendarme américain de la Bourse dans lequel il s’engageait à ne pas publier de tweet intempestif pouvant influer sur le cours de l’action de l’entreprise

20 Minutes avec AFP

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Elon Musk, le 11 mars 2018 lors du Festival SXSW à Austin.
Elon Musk, le 11 mars 2018 lors du Festival SXSW à Austin. — AMN/ZOJ/WENN.COM/SIPA

Le fondateur du constructeur automobile Tesla, Elon Musk, a été accusé, ce lundi, par le gendarme américain de la Bourse, la Securities and Exchange Commission (SEC), d’avoir violé les termes d’un accord avec la justice. Mi-octobre, Elon Musk avait conclu un accord avec la SEC où il s’engageait à ne pas publier de tweet intempestif pouvant influer sur le cours de l’action de l’entreprise.

Mais le 19 février dernier, le dirigeant du constructeur de voitures électriques a tweeté que Tesla allait produire 500.000 voitures en 2019, quand le groupe ne parlait jusqu’ici que d’environ 400.000 unités du fait de problèmes de production rencontrés par son Model 3.

Elon Musk a fait « très exactement ce que les termes du jugement devaient empêcher »

Quatre heures plus tard, le milliardaire rectifiait le tir : cela « voulait dire que le taux de production annualisé à la fin de 2019 serait probablement d’environ 500.000 (unités), c’est-à-dire 10.000 voitures par semaine. Les livraisons pour cette année demeurent attendues à environ 400.000 » unités.

« Le 19 février 2019 M. Musk a tweeté "Tesla a produit zéro voiture en 2011 mais en produira environ 500.000 en 2019". M. Musk n’a ni cherché ni obtenu d’approbation pour la publication de ce tweet, qui était inexact, et a été diffusé auprès de plus de 24 millions de personnes, avance le gendarme de la Bourse. Par conséquent M. Musk a violé le jugement final en faisant très exactement ce que les termes du jugement devaient empêcher. »

Des tweets qui pourraient coûter très cher à Elon Musk

Elon Musk a répliqué sur Twitter en se moquant de l’agence fédérale. « La SEC a oublié de lire le transcript des résultats de Tesla, qui dit clairement 350.000 à 500.000. C’est la honte », affirme-t-il. Ses conseils ont aussi souligné qu’Elon Musk estimait ne pas avoir besoin d’autorisation de tweeter cette information qui, selon lui, reprenait des choses dites lors de d’une conférence téléphonique avec des analyses et la presse, le 30 janvier dernier, sur les résultats financiers de Tesla.

Pour la SEC, « ce n’est pas crédible », et elle accuse le dirigeant de n’avoir jamais eu l’intention de respecter l’accord du 16 octobre. L’affaire est maintenant dans les mains du juge, qui devra trancher. Mais Elon Musk risque gros, la justice américaine appréciant en général assez peu les récidives, notamment dans ces dossiers impliquant la crédibilité des marchés financiers américains. L’action de Tesla reculait de 3,6 % après la clôture de la bourse, lundi.

Les tweets du fantasque patron devaient être passés en revue avant leur publication

La SEC avait déjà engagé des poursuites contre Elon Musk et Tesla parce qu’il avait affirmé dans un tweet, l’été dernier, que la compagnie allait sortir de la cote et qu’elle avait les financements appropriés pour ce faire.  L’information a fait bondir le prix de l’action en bourse mais elle s’était très vite avérée sans aucun fondement. Des investisseurs qui pariaient sur l’échec de Tesla ont perdu d’importantes sommes d’argent. La SEC avait forcé Elon Musk à abandonner la présidence du conseil d’administration de l’entreprise qu’il a créée et qu’il porte à bout de bras.

Il a aussi payé une amende de 20 millions de dollars, tout comme Tesla. L’entreprise s’était aussi engagée à rendre le conseil d’administration un peu plus indépendant pour mieux exercer son rôle de contrôle. Par ailleurs, les tweets du fantasque patron devaient être passés en revue avant d’être publiés. En échange, Elon Musk avait sauvé l’essentiel : il pouvait garder la tête des opérations de l’entreprise au jour le jour, d’autant qu’elle se trouvait alors dans une passe très difficile pour passer d’une production relativement confidentielle à une échelle plus industrielle.