Crash en Espagne: les nouveaux éléments

ACCIDENT Alors que l'enquête apporte de nouvelles infos, la presse espagnole affirme que plusieurs passagers avaient voulu quitter l'appareil...

Sandrine Cochard avec agence

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Trois Français figurent parmi les 153 victimes de l'accident d'avion sur l'aéroport de Madrid, a annoncé jeudi à l'AFP un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Trois Français figurent parmi les 153 victimes de l'accident d'avion sur l'aéroport de Madrid, a annoncé jeudi à l'AFP un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. — Dani Pozo AFP

Deux jours après le crash d’avion qui a coûté la vie à 153 personnes, mercredi à Madrid, l’enquête livre de nouveaux éléments.

Passagers empêchés de sortir

Concernant les victimes du crash, la presse espagnole rapporte que certains passagers avaient tenté de quitter l’appareil. L’un d’entre eux, inquiet, a envoyé un SMS à ses proches alors que l'appareil MD-82 était révisé à la suite d'un problème signalé par le pilote. «Ils ne nous laissent pas sortir, tout est fermé», explique Ruben Santana dans son dernier message à sa femme qui lui demandait de ne pas monter dans l'avion. Il est mort lors du crash.

Une série de dysfonctionnements

Après avoir visionné des vidéos de l’accident, dont les images n’ont pas été divulguées au public, des experts estiment que le moteur n'a pas pris feu au décollage, contrairement aux premiers témoignages, ont assuré vendredi des journaux espagnols. Ces images enregistrées par la direction des aéroports espagnols (Aena) ne montreraient pas d'incendie au niveau du moteur de l'avion MD-82 de la compagnie Spanair, affirme «El Pais» qui ajoute: «L'avion s'est élevé puis s'est écrasé au sol et a pris feu.» L’avion serait «monté à 200 pieds, environ 50 mètres avant de tomber», a déclaré la ministre des Infrastructures Magdalena Alvarez.

Le directeur de l'Aviation civile, Manuel Bautista, interrogé par «El Pais», assure qu'il y a eu «plus d'un dysfonctionnement» et qu'un «problème à un moteur ne peut pas être la cause d'un accident». Selon le journal «ABC», qui cite des sources proches de l'enquête, l'avion n'aurait pas eu suffisamment de puissance au décollage. Une hypothèse corroborée par le témoignage d'un pilote d'un autre avion en phase d'atterrissage. «Cet avion ne décolle pas, il est juste en train de se manger la piste», aurait-il déclaré, selon le journal. De son côté, le quotidien «El Mundo» affirme que des pièces du moteur gauche se seraient détachées et auraient endommagé le gouvernail de la queue de l'appareil, le déséquilibrant et entraînant sa chute.

Spanair sur la défensive

La compagnie aérienne est dans le collimateur de la presse espagnole. Le journal «El Mundo» a mis en cause Spanair, qui traverse une situation économique difficile, dès le lendemain de l'accident. Vendredi, le journal poursuivait ses critiques, les étayant de témoignages de professionnels du secteur. Selon un ancien pilote de Spanair, anonyme, «la compagnie met la pression sur les mécaniciens pour qu'ils donnent à l'avion l'autorisation de décoller même s'il n'est pas prêt. C'est un secret de Polichinelle dans toute l'aviation espagnole». Ce MD-82, «avait des problèmes avec son moteur gauche depuis un mois, il n'était pas en bon état pour voler, mais Spanair n'a pas les moyens de le remplacer», a également déclaré Javier Fernandez Garcia, coordinateur des vols de la compagnie Air Comet à l'aéroport de Barajas. Une hypothèse grotesque pour José Maria Vazquez, pilote de Spanair et président d'un syndicat de pilotes.

Par ailleurs, Spanair a reconnu que le pilote avait signalé avant le décollage un problème de surchauffe sur une prise d'air. D’après la compagnie, ce problème, qui concernait un problème sur une prise d'air au-dessous du cockpit de pilotage, avait été «résolu en accord avec les règlements».