VIDEO. Venezuela: Juan Guaido et ses alliés réunis en Argentine pour décider d'actions contre Nicolas Maduro

CRISE POLITIQUE Juan Guaido, ainsi qu'une cinquantaine de pays, jugent la réelection de Nicolas Maduro frauduleuse

20 Minutes avec AFP

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Juan Guaido s'est autoproclamé président par intérim du Venezuela.
Juan Guaido s'est autoproclamé président par intérim du Venezuela. — AFP

L’objectif : définir des mesures pour contraindre Nicolas Maduro à quitter le pouvoir. L’opposant vénézuélien Juan Guaido réunit, ce lundi à Bogota, ses alliés du Groupe de Lima ainsi que le vice-président des Etats-Unis Mike Pence.

Juan Guaido, qu’une cinquantaine de pays ont reconnu comme président intérimaire, a appelé à « envisager toutes les éventualités » contre Nicolas Maduro, au pouvoir depuis 2013 et dont ses adversaires jugent la réélection frauduleuse. La rencontre est prévue à partir de 9 heures (heure locale) et dont les conclusions sont attendues vers 16 heures (heure locale)

« Grâce aux Vénézuéliens, les jours de Maduro sont comptés »

Les Etats-Unis ont déjà haussé le ton. Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, qui n’a pas exclu l’usage de la force, a qualifié dimanche le dirigeant chaviste de « pire du pire des tyrans » et s’est dit « certain que, grâce aux Vénézuéliens, les jours de Maduro sont comptés ». « La réunion a comme objectif d’adopter une déclaration qui contribuera à continuer de créer les conditions pour qu’il y ait liberté et démocratie au Venezuela », a annoncé la présidence colombienne dimanche soir dans un communiqué.

Le Groupe de Lima, composé de 14 pays latino-américains et du Canada, a été créé en 2017 pour promouvoir une issue à la crise dans laquelle s’enfonce l’ancienne puissance pétrolière vénézuélienne. Il n’a pas reconnu le deuxième mandat de Maduro, entamé le 10 janvier. Lundi, le président autoproclamé et chef du parlement vénézuélien, dominé par l’opposition, y fera officiellement son entrée. « Le gouvernement légitime du Venezuela s’intègre formellement au Groupe de Lima », a déclaré le président colombien Ivan Duque, pourfendeur de la « dictature » de Nicolas Maduro.

Les camions d’aides alimentaire et médicale bloqués à la frontière

Selon le député Julio Borges, qui jusque-là y représentait Juan Guaido, le président autoproclamé « sollicitera un renforcement des pressions diplomatiques et l’usage de la force contre Maduro ». Bravant une interdiction judiciaire de sortie du Venezuela, l’opposant à Nicolas Maduro s’était rendu vendredi à Cucuta, en Colombie, pour donner le lendemain le coup d’envoi à l’entrée au Venezuela de tonnes d’aliments et de médicaments, envoyés essentiellement des Etats-Unis à sa demande.

Nicolas Maduro refuse cette aide, y voyant un prétexte à une intervention militaire américaine pour l’évincer du pouvoir. Les camions chargés de ces produits de première nécessité, destinés à pallier les pénuries dont souffrent les Vénézuéliens, ont dû se replier samedi, face au blocage frontalier ordonné par le gouvernement et qui a dégénéré en violences. Trois personnes ont été tuées et plusieurs centaines d’autres blessées, lors de heurts aux frontières de la Colombie et du Brésil, où une autre partie de l’aide est stockée.

Nicolas Maduro soutenu par l’état-major des forces de sécurité

Depuis 2015, au moins 2,7 millions de Vénézuéliens ont fui vers les pays de la région, dont plus d’un million en Colombie, selon le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU. Le Groupe de Lima - qui comprend l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou, le Guyana et Sainte-Lucie - s’était réuni pour la dernière fois le 4 février à Ottawa.

Onze de ses membres avaient alors appelé à un changement pacifique de gouvernement et exhorté l’armée, pilier du régime, à reconnaître Juan Guaido, ainsi qu’à laisser entrer l’aide humanitaire. Le dirigeant chaviste avait jugé cet appel « répugnant et risible ». Si plus de 150 membres des forces de l’ordre ont déserté durant le week-end, la majorité se réfugiant en Colombie, Nicolas Maduro bénéficie encore du soutien de l’état-major des forces de sécurité, qui comptent plus de 365.000 membres, outre 1,6 million de miliciens civils.