Corée du Nord: Le train de Kim Jong-un vient d'entrer en Chine, avant le sommet avec Trump

COREE DU NORD Le train de Kim Jong-un est arrivé samedi soir en Chine, à quatre jours du deuxième sommet prévu entre le dirigeant nord-coréen et le président américain Donald Trump au Vietnam

N.Sa avec AFP

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Le train de Kim Jong Un est arrivé le 23 février 2019 en Chine, à quatre jours du deuxième sommet prévu entre le dirigeant nord-coréen et le président américain Donald Trump au Vietnam.
Le train de Kim Jong Un est arrivé le 23 février 2019 en Chine, à quatre jours du deuxième sommet prévu entre le dirigeant nord-coréen et le président américain Donald Trump au Vietnam. — AP/SIPA

Le convoi a traversé après 21h heure locale, le pont qui relie la Corée du Nord à la ville chinoise de Dandong, ont rapporté l’agence de presse sud-coréenne Yonhap et le site spécialisé NK News, alors que les journalistes présents sur place étaient empêchés par les forces de l’ordre d’approcher de la voie ferrée.

Les occupants d’un hôtel donnant sur le pont ont dû quitter les lieux dès vendredi, en raison de « travaux de rénovation » impromptus.

Beaucoup de spéculations autour des préparatifs de la rencontre

L’agence officielle nord-coréenne KCNA a annoncé à l’aube de dimanche que Kim Jong-un avait quitté Pyongyang pour son second sommet avec Donald Trump après leur face-à-face historique de Singapour en juin.

« Les hauts responsables du parti, du gouvernement et des forces armées présentent leurs voeux sincères de succès à Kim Jong Un (…) et lui souhaitent un bon voyage », a indiqué KCNA. L’arrivée du train en Chine fait suite à des spéculations entourant les préparatifs de la rencontre américano-nord-coréenne prévue mercredi et jeudi à Hanoï.

Plusieurs sources vietnamiennes avaient indiqué en privé que Kim Jong-un, dont les déplacements ne sont jamais annoncés officiellement à l’avance, arriverait par le train jusqu’à la gare de Dong Dang, frontalière de la Chine, avant de gagner Hanoï par la route.

Une odyssée de près de 4.000 km du nord au sud de la Chine

Samedi, des journalistes de l’AFP ont vu des militaires vietnamiens déployés à la gare ainsi que le long de la route conduisant à la capitale, distante de 170 km. Les autorités ont déjà annoncé la fermeture de cette route à compter de mardi entre 6h et 14h locales, laissant supposer que le dirigeant nord-coréen l’emprunterait à ce moment-là.
Le ministère vietnamien des Affaires étrangères a par ailleurs annoncé samedi que Kim Jong-un effectuerait « dans les prochains jours » une visite officielle dans le pays, mais sans fournir de dates exactes.

Voyager en train depuis Pyongyang serait pour Kim Jong Un une odyssée de près de 4.000 km du nord au sud de la Chine, soit plus de 60 heures pour un convoi blindé qui dépasse péniblement les 60 km/h. Kim Jong Un pourrait aussi l’emprunter pour son voyage de retour, ce qui lui permettrait de s’arrêter à Pékin afin de s’entretenir avec le président chinois Xi Jinping de la teneur de ses entretiens avec Donald Trump.

Vers une levée progressive des sanctions internationales ?

La Chine, seule alliée de Pyongyang, plaide pour une levée progressive des sanctions internationales qui pèsent sur le régime nord-coréen, tout en continuant à réclamer une dénucléarisation complète du pays. C’est ce point qui sera également le plus attendu de la rencontre Kim-Trump. Lors de leur sommet de Singapour, les deux hommes se sont mis d’accord sur une vague déclaration en faveur de la dénucléarisation de la péninsule coréenne, mais les négociations n’ont guère progressé sur ce que cela signifie concrètement.

En attendant, prendre le train aurait aussi une portée symbolique pour Kim Jong-un : cela lui fait reprendre la tradition de son grand-père Kim Il Sung et de son père Kim Jong Il, qui avait encore voyagé jusqu’à Moscou en train en 2001.
« C’est un message adressé aux Nord-Coréens, à savoir que Kim Jong Un a hérité des qualités de son grand-père et que la dynastie des Kim est plus forte que jamais », analyse Koh Yu-hwan, de l’Université Dongguk à Séoul.