Abus sexuel au sein de l'Eglise: Les victimes témoignent au Vatican, les évêques font pénitence

RELIGION Le pape a pris la parole avec une voix étranglée par l’émotion et demandé à ce que l'Eglise regarde «honnêtement la situation dans ses pays et ses propres actes »

20 Minutes avec AFP

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Des évêques rassemblés à Lourdes - Illustration
Des évêques rassemblés à Lourdes - Illustration — ERIC CABANIS / AFP

« Quel que soit l’abus, c’est l’humiliation la plus grande qu’un être humain subit. Et ce qui fait le plus mal, c’est la certitude que personne ne te comprendra. Et cela reste en toi pour toute la vie » Une nouvelle victime d’abus sexuels a raconté samedi soir « son humiliation » lors d’une célébration religieuse pénitentielle organisée avec la hiérarchie de l’Eglise et le pape, clôturant trois jours de réflexion, ponctués de plusieurs témoignages.

« Quand on vit l’abus, on voudrait mettre fin à tout. Mais ce n’est pas possible. On voudrait fuir, c’est ce qui se passe car on n’est plus soi-même. On voudrait s’échapper en cherchant à sortir de soi. Et donc avec le temps on devient complètement seul », a expliqué le jeune homme chilien qui vit au Koweït, reçu en soirée par le pape François dans sa résidence.

Les évêques ont demandé pardon pour leurs fautes

Le pape a ensuite pris la parole avec une voix étranglée par l’émotion. « Nous devons examiner où des actions concrètes sont nécessaires pour les Eglises locales, pour les membres des conférences épiscopales, pour nous-mêmes », a souligné le souverain pontife. « Tout cela demande que nous regardions honnêtement la situation dans nos pays et nos propres actes », a ajouté gravement François.

Les évêques ont ensuite demandé pardon pour leurs fautes dans les scandales d’abus sur mineurs. « Nous confessons que souvent nous, évêques, n’avons pas été à la hauteur de nos responsabilités », ont-ils dit. « Nous étions trop suffisants pour nous confronter aux côtés obscurs de notre Eglise, a souligné Mgr Philip Naameh, président de la conférence épiscopale ghanéenne, lors d’une méditation. Nous ne devrions pas être surpris (…) si les gens parlent mal de nous, s’il y a de la méfiance à notre égard. »

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