Crise au Venezuela: Une intervention militaire américaine «n'aurait aucun sens», selon le Brésil

GEOPOLITIQUE Le vice-président brésilien a réagi alors que les tensions montent avec Nicolas Maduro

20 Minutes avec AFP

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Nicolas Maduro, le 4 août 2018 à Caracas.
Nicolas Maduro, le 4 août 2018 à Caracas. — Juan BARRETO / AFP

Il calme le jeu. Le vice-président brésilien Hamilton Mourao a affirmé jeudi à l’AFP qu’une intervention militaire américaine au Venezuela « n’aurait aucun sens » et que les menaces de Washington étaient « de l’ordre de la rhétorique ».

Une telle intervention « serait prématurée et n’aurait aucun sens. Le problème vénézuélien doit être résolu par les Vénézuéliens », a-t-il déclaré lors d’un entretien exclusif à Brasilia. Ces menaces « sont plus de l’ordre de la rhétorique que de l’action », a-t-il ajouté. Début février, le président américain Donald Trump avait affirmé que « toutes les options » étaient sur la table à propos du Venezuela, y compris l’usage de la force.

Bras de fer sur l’aide humanitaire

Jeudi, le président vénézuélien Nicolas Maduro a ordonné la fermeture de la frontière avec le Brésil à deux jours de la date annoncée par l’opposant Juan Guaido pour l’entrée de l’aide humanitaire dans le pays.

Pour Hamilton Mourao, cette décision de fermer la frontière « n’est pas un acte d’agression. Je pense que cette réaction vise seulement à bloquer l’arrivée de l’aide humanitaire. Le Venezuela a le droit de faire ce qu’il veut de son côté de la frontière », a souligné le vice-président brésilien.

Otavio Rego Barros, porte-parole du président d’extrême droite Jair Bolsonaro, a pour sa part écarté tout risque de « frictions » à la frontière «. »Le gouvernement brésilien n’a pas identifié pour le moment de possibilités de frictions parce que l’on parle d’aide humanitaire «, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Le porte-parole a par ailleurs indiqué que l’intention de maintenir l’opération de soutien logistique pour l’acheminement cette aide samedi au Venezuela. Il a toutefois rappelé que cette opération ne dépassera pas les limites de la frontière, les aliments et médicaments étant amenés à être acheminés « dans des camions vénézuéliens, par des chauffeurs vénézuéliens ».