Syrie: Plus de 2.500 enfants entassés dans trois camps, l’ONG Save the Children lance un SOS

REFUGIES Ces enfants issus de familles ayant des liens « avérés ou présumés » avec l’organisation de l'Etat islamique « sont exposés au risque de mort », alerte l’ONG

20 Minutes avec agences

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L'ONG Save the Children alerte la communauté internationale sur la situation des enfants dans les camps de déplacés en Syrie.
L'ONG Save the Children alerte la communauté internationale sur la situation des enfants dans les camps de déplacés en Syrie. — Felipe Dana/AP/SIPA

L’ONG Save the Children a lancé ce jeudi un SOS sur la situation critique dans les camps de déplacés en Syrie. Elle révèle que plus de 2.500 enfants étrangers issus de plus de 30 pays sont entassés dans trois camps, dans le nord-est du pays. Un grand nombre d’entre eux (1 100) ont fui depuis janvier l'ultime poche de l'organisation de l'Etat islamique (EI) en Syrie.

Ces centaines d’enfants ont fui par vagues successives depuis 2017 les ex-fiefs de l’EI reconquis par les Forces démocratiques syriennes (FDS). Cette alliance arabo-kurde est soutenue par une coalition internationale antijihadistes dirigée par Washington.

Certains « sont à peine âgés de quelques jours ou semaines »

Parmi ces enfants, 38 ne sont accompagnés d’aucun parent, a indiqué l’ONG, qui a exhorté la communauté internationale à « agir dans l’immédiat, avant qu’il ne soit trop tard ». Issus de familles ayant des liens « avérés ou présumés » avec l'EI, ces enfants, dont certains « sont à peine âgés de quelques jours ou semaines », vivent avec leur mère. Ils sont séparés du reste de la population dans les camps, ce qui limite leur accès à l’aide humanitaire, a déploré l’ONG.

Save the Children a dénoncé une situation humanitaire « désespérante », affirmant que « les enfants sont exposés au risque de mort » et soulignant l’urgence de mettre en place des « services spécialisés de protection », qui leur seraient dédiés.

L’ONG met les Etats face à leur responsabilité

« Tous les Etats dont les ressortissants sont pris au piège en Syrie doivent assumer la responsabilité de leurs citoyens, a souligné Sonia Khush, directrice des opérations de l’ONG en Syrie. Alors que certains Etats ont commencé à le faire, de nombreux pays, y compris plusieurs pays européens, n’ont toujours pas pris de mesures pour assurer la sécurité des enfants et de leurs familles ».

L’offensive « finale » menée depuis plusieurs semaines par les FDS « risque de provoquer de nouveaux déplacements » de populations, a enfin averti l’ONG. Depuis janvier, 560 familles étrangères ont déjà fui l’ultime poche de l’EI en Syrie, située dans la province de Deir Ezzor (est), a-t-elle précisé.

Les djihadistes étrangers et leurs familles représentent un véritable casse-tête pour les Européens, qui rechignent globalement à les rapatrier, malgré les appels pressants des Kurdes et des Etats-Unis en ce sens. Déclenchée en 2011 par la répression sanglante de manifestations pro-démocratie par le régime, la guerre en Syrie a fait plus de 360.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.