Brexit: L'agence de notation Fitch envisage d'abaisser la note de solidité financière du Royaume-Uni

ECONOMIE Fitch Ratings affirme qu'elle prendra sa décision au premier semestre une fois connues les modalités du divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne

20 Minutes avec AFP

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La page du site de l'agence de notation Fitch Ratings, le 17 février 2012. (Illustration)
La page du site de l'agence de notation Fitch Ratings, le 17 février 2012. (Illustration) — JOEL SAGET / AFP

Si le scénario d’une sortie de l’Union européenne sans accord se réalise, l’agence de notation Fitch Ratings envisage d’abaisser la note de solidité financière du Royaume-Uni, invoquant les conséquences négatives pour la croissance du pays.

La troisième agence de notation mondiale a indiqué mercredi avoir décidé de mettre sous surveillance « négative » la note du pays, en attendant le résultat final des négociations entre Londres et Bruxelles. Cette mesure suggère que la note, actuellement à « AA », pourrait être abaissée dans les prochains mois. Fitch Ratings affirme qu’elle prendra sa décision au premier semestre une fois connues les modalités du divorce. L’agence prévoyait jusqu’ici de se prononcer sur la note du pays le 26 avril.

Theresa May évoque des « progrès » dans ses discussions avec l’UE

Elle estime qu’une séparation sans accord causerait « des perturbations importantes à l’économie britannique et obscurcirait les perspectives sur (de futurs accords) de libre-échange, au moins à court terme ». L’avertissement de Fitch intervient au moment où la Première ministre britannique Theresa May a salué mercredi des « progrès » dans ses discussions avec l’UE.

Sa rencontre avec Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, n’a toutefois toujours pas permis d’éloigner le spectre d’un Brexit chaotique le 29 mars. A quelque six semaines de la date officielle du divorce, les craintes gagnent les milieux d’affaires, qui redoutent tout particulièrement une séparation sans accord susceptible de déstabiliser leurs activités.

Un « trauma macroéconomique » potentiel

« L’impact d’un Brexit sans accord sur la croissance est hautement incertain, mais une récession du type de celle vue au Royaume-Uni au début des années 1990 (quand le produit intérieur brut s’était contracté de 2 % sur six trimestres consécutifs) serait une base de comparaison raisonnable pour jauger le trauma macroéconomique » potentiel, avance Fitch.

L’agence estime toutefois que des mesures monétaires pourraient permettre d’éviter le pire : « Une réponse monétaire et budgétaire (des autorités britanniques) suivrait un Brexit sans accord, permettant d’atténuer l’impact négatif sur les perspectives macroéconomiques », estime Fitch, qui dit néanmoins espérer un accord entre l’UE et le Royaume-Uni.