Espagne: Trois hommes condamnés à quinze ans de prison pour «viol en réunion»

JUSTICE Le procès des trois Espagnols condamnés pour « viol » a rappelé l’affaire de la « meute » qui avait fait scandale l’an dernier

20 Minutes avec AFP

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Au rassemblement de protestation contre le jugement de la meute, une femme tient une pancarte "En rentrant chez moi, je ne veux pas être courageuse, je veux être libre", le 26 avril 2018 en Espagne
Au rassemblement de protestation contre le jugement de la meute, une femme tient une pancarte "En rentrant chez moi, je ne veux pas être courageuse, je veux être libre", le 26 avril 2018 en Espagne — Mariano Cieza Moreno/EFE/SIPA

Trois Espagnols ont été condamnés à des peines de 14 à 15 ans de prison pour le viol collectif d’une jeune femme. Cette condamnation, rendue publique mercredi, a été prononcée à Madrid le 1er février contre trois hommes que la presse a surnommés « la meute de Collado-Villalba », du nom de leur localité située à 40 km de Madrid.

Un jeune homme de 29 ans était accusé d’avoir, en mars 2015, attiré dans un appartement la victime de 18 ans - qu’il connaissait et avec laquelle il avait eu « un certain type de relation à caractère sexuel » selon le tribunal - pour l’obliger d’abord à pratiquer une fellation. Deux de ses amis de 29 et 30 ans avaient obligé la victime à faire de même, tout en étant conscients « qu’elle refusait ».

Le tribunal de Madrid les a condamnés à 14 et 15 ans de détention en retenant la qualification d'« agression sexuelle », catégorie comprenant le viol en Espagne. Cependant ils comparaissaient libres et pourront faire appel devant la Cour suprême.

Filmés en train d’abuser d’une fille de 18 ans

En 2018, les féministes avaient multiplié les manifestations en Espagne pour protester contre le jugement trop clément, selon elles, rendu contre cinq jeunes Sévillans - qui s’appelaient eux-mêmes « la meute ». Ils s’étaient filmés en train d’abuser d’une fille de 18 ans, ivre, pendant des fêtes à Pampelune, mais les juges ne les avaient pas condamnés pour viol.

L’indignation était née du fait que le tribunal les avait condamnés à neuf ans de prison pour « abus sexuel » aggravé d’abus de faiblesse, mais sans retenir la qualification d'« agression sexuelle ». Une cour d’appel avait ensuite confirmé cette décision controversée en estimant que la victime n’était pas consentante mais qu’il n’y avait pas eu « violence » et qu’il était trop difficile de déterminer s’il y avait eu « intimidation », deux facteurs nécessaires pour retenir la qualification de viol en Espagne. Les cinq restent en liberté provisoire en attendant que la Cour suprême statue sur leur recours.