Algérie: 11 morts et 31 blessés dans deux nouveaux attentats

TERRORISME Deux bombes ont explosé à Bouira, à 120 km au sud-est d'Alger...

Sa. C. avec agence

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Deux attentats à la voiture piégée ont fait 11 morts et 31 blessés mercredi matin à Bouira, à 120 km au sud-est d'Alger, a annoncé la radio publique algérienne, selon l'AFP.

Les bombes ont explosé devant l'hôtel Sophie et le siège du secteur militaire de cette ville. Les deux explosions ont été entendues à plusieurs centaines de mètres à la ronde. Les deux attentats n'ont pas encore été annoncés officiellement et n'ont pas été revendiqués.

Le centre-ville de Bouira a été imméditament bouclé et un cordon de sécurité a été établi autour de la zone de l'attentat, selon des témoins.

Ces attentats interviennent au lendemain de deux attaques qui s’étaient soldées par 55 morts et 38 blessés.

Situation toujours fragile

Une précédente vague d'attentats avait éclaté en décembre dernier, à Alger. A ce moment-là, Séverine Labat, chercheur au CNRS/Cadis et spécialiste des islamistes algériens, avait expliqué à 20minutes.fr pourquoi la situation restait fragile dans le pays. « Le terrorisme est un outil de communication. En s’en prenant aux civils, les islamistes s’assurent que l’on parle d’eux», avait-elle déclaré.

A la question «Pourquoi le terrorisme dure-t-il malgré la fin de la guerre civile?», Séverine Labat notait alors: «Parce qu’il n’y a pas eu de véritable réconciliation nationale, comme on a pu en observer en Afrique du Sud ou au Maroc. La crise a été réglée au niveau administratif mais aucune démarche n’a été faite au niveau social ou politique. Le président Bouteflika a opéré un blocage institutionnel: les Algériens n’ont pour seul horizon que la prochaine élection présidentielle, en 2009, où l’on parle de plus en plus d’un troisième mandat de Bouteflika. Sans espoir de changement, la désespérance des Algériens est terrible et constitue un terreau toujours favorable à l’islamisme.»