Carlos Ghosn: L'affaire expose les «défaillances» de la justice au Japon

JAPON Deux ONG appellent le Japon à mettre son système judiciaire « en conformité avec les normes internationales des droits humains »

20 Minutes avec AFP

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Des images de Carlos Ghosn à la télévision japonaise avant sa détention.
Des images de Carlos Ghosn à la télévision japonaise avant sa détention. — Takehito Kobayashi/AP/SIPA

La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et le Centre pour les droits des prisonniers ont appelé mercredi le gouvernement japonais à réformer le système judiciaire, dont l’affaire Ghosn a mis en lumière « les défaillances » selon ces ONG.

L’ancien patron de l’alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors a été arrêté le 19 novembre à Tokyo. Il a depuis été inculpé pour minoration de revenus déclarés aux autorités boursières et abus de confiance.

« Le refus du droit à l’assistance d’un avocat pendant les interrogatoires, sa détention prolongée avant inculpation et les conditions d’emprisonnement exposent certaines défaillances graves qui caractérisent le système judiciaire japonais depuis trop longtemps », a commenté dans un communiqué en anglais Maiko Tagusari, secrétaire générale de l’organisation japonaise Centre des droits des prisonniers (CPR).

« Mettre le système en conformité avec les droits humains »

Les deux ONG demandent aux autorités de « prendre des mesures concrètes de manière urgente » pour « mettre le système en conformité avec les normes internationales des droits humains ».

« Une première étape devrait être la mise en place d’un dialogue sincère et constructif avec les organismes de l’ONU », soulignent-elles, ajoutant que le gouvernement japonais « n’a pas dûment soumis » les rapports qu’il est censé présenter régulièrement.

Dans un entretien avec l’AFP fin janvier, Carlos Ghosn avait fustigé sa détention prolongée et les refus répétés par le tribunal de sa libération sous caution. Un tel traitement « ne serait normal, selon lui, dans aucune autre démocratie ».