Dix soldats tués en Afghanistan: «Un lourd tribut» pour une «cause juste»

SECURITE Dix morts et 21 blessés. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière contre l'armée française depuis l'attentat contre l'immeuble le Drakkar, à Beyrouth, en 1983, où 58 parachutistes étaient morts. Les soldats engagés en Afghanistan ont payé un «lourd tribut» pour «un combat nécessaire et une cause juste», a expliqué ce mardi après-midi Hervé Morin, le ministre de la Défense...

M. Gr.

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Dix soldats français ont été tués lundi et mardi dans des combats à 50 kilomètres de Kaboul, dans l'assaut au sol le plus meurtrier visant les forces internationales en Afghanistan, alors que les insurgés multiplient les attaques d'envergure à travers l'Afghanistan.
Dix soldats français ont été tués lundi et mardi dans des combats à 50 kilomètres de Kaboul, dans l'assaut au sol le plus meurtrier visant les forces internationales en Afghanistan, alors que les insurgés multiplient les attaques d'envergure à travers l'Afghanistan. — Shah Marai AFP/Archives

«C’est une cause juste, celle des Droits de l’homme. Nous portons les valeurs de la communauté des nations.» Hervé Morin, le ministre français de la Défense, a rappelé les racines de l’engagement français en Afghanistan ce mardi après-midi, après avoir annoncé un bilan particulièrement lourd: dix soldats sont morts et 21 autres blessés. Ces derniers se trouvent dans un état «stable» et «leur pronostic vital n’est pas engagé».

Ils sont actuellement pris en charge par l’hôpital militaire de Kaboul. L’avion-hôpital Morphée, équipé pour la réanimation lourde, a décollé d’Istres ce mardi après-midi et devrait arriver à Kaboul ce soir vers 22h, heure de Paris. Il rentrera mercredi matin, rapatriant les blessés vers les hôpitaux militaires de la région parisienne.

L’attaque la plus meurtrière contre l’armée française depuis 1983

Les soldats engagés en Afghanistan ont payé un «lourd tribut» pour «un combat nécessaire et une cause juste», a expliqué Hervé Morin, à l’unisson de Nicolas Sarkozy, qui a répété que le «combat contre le terrorisme» devait se poursuivre. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière contre l’armée française depuis l'attentat au camion piégé contre l'immeuble le Drakkar, à Beyrouth en 1983, où 58 parachutistes étaient morts.

Hervé Morin a réaffirmé le bien-fondé de la présence française en Afghanistan, débutée fin 2001, au sein de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf). «Je me rends ce mardi soir à Kaboul avec Nicolas Sarkozy pour rappeler aux soldats que la France est derrière eux.» Et montrer que «notre détermination pour intervenir dans cette région est intacte: nous luttons pour assurer la sécurité de ce pays, pour que l’Afghanistan retrouve sa pleine et entière souveraineté. Nous luttons contre le terrorisme, qui menace également notre propre sécurité.»

Les remerciements de Bush, le salut unanime de la classe politique française

Au nom du peuple américain, George W. Bush a adressé «à tous les Français nos remerciements sincères pour les sacrifices qu'ils ont faits, et pour l'engagement de la France à participer au maintien de l'ordre en Afghanistan», selon la déclaration d’un porte-parole de la Maison Blanche.

Si l’ensemble de la classe politique, de Marie-George Buffet à Jean-Marie Le Pen, a salué la mémoire des soldats français, le débat sur l’engagement militaire de Paris ne manquera pas de revenir sur le tapis. En avril dernier, au sommet de l’Otan de Bucarest, Nicolas Sarkozy a annoncé le renforcement de cette présence, avec l’envoi d’un bataillon de 700 hommes dans la région de la Kapissa, ce qui porte à près de 2.600. Un décision vivement contestée par l’opposition.

La France commande les forces de la coalition dans la région de Kaboul

Passablement agacé par les questions sur ce sujet, Hervé Morin a précisé que ces pertes avaient touché «les forces française de la région de Kaboul, et non l'unité déployée depuis cet été dans la Kapissa». Depuis le 6 août, la France a pris le commandement de la région centrale de Kaboul à la suite des militaires italiens. Elle est chargée d’assurer la sécurité sur cette zone, à travers notamment des missions de reconnaissance et de renseignement, comme celle à l’issue dramatique de lundi.

Après un net redressement entre 2001 et 2006, l’Afghanistan est retombé depuis deux ans dans une période sombre, marquée par la recrudescence des attentats meurtriers et l’extension des zones régis par les talibans ou des seigneurs de la guerre.