Un député crée un incident à l'Assemblée avec sa banderole sur la guerre au Yémen

ARMES Le député de Haute-Garonne Sébastien Nadot veut un débat sur les ventes d’armes utilisées dans la guerre au Yémen. Il a créé un incident en déployant une banderole ce mardi

20 Minutes avec AFP

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Le député haut-garonnais Sébastien Nadot, le 19 février 2019, dans l'hémicycle.
Le député haut-garonnais Sébastien Nadot, le 19 février 2019, dans l'hémicycle. — S. Nadot/ Facebook

« La France tue au Yémen ». La banderole, écrite en rouge sur fond blanc, a été brièvement brandie ce mardi après-midi dans l’hémicycle, en pleine séance des questions au gouvernement. Elle a été confectionnée par Sébastien Nadot, le député de la Haute-Garonne récemment exclu du groupe LREM.

Le règlement de l’Assemblée nationale interdit tout tract ou banderole. Les huissiers se sont donc immédiatement précipités sur le parlementaire alors que le président, Richard Ferrand, le rappelait à l’ordre.

« On n’a aucun débat concernant le Yémen dans ce Parlement », a indiqué Sébastien Nadot pour expliquer ce coup d’éclat qui lui vaudra une sanction financière. Le député, déjà à l’origine d’un appel « pour la paix » au Yémen en novembre 2018, reproche notamment à la France de vendre des armes à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis, parties prenantes du terrible conflit en cours.

Il dépose plainte contre le gouvernement

Le parlementaire a profité de l’agitation causée par sa banderole pour annoncer qu’il a déposé plainte contre le gouvernement français auprès de la Commission européenne « pour manque au droit de l’Union européenne ». Il vise plus spécialement les autorisations d’exportations d’armes accordées par une commission interministérielle spécialisée « à plusieurs entreprises française en direction de l’Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis ».

Sébastien Nadot, désormais étiqueté non-inscrit, est issu du Mouvement des progressistes fondé par l’ancien dirigeant communiste Robert Hue. Son exclusion du groupe des « marcheurs » date de décembre 2018, quand il a refusé de voter le budget.