Regain de tensions entre la Russie et l'Otan

DIPLOMATIE Alors que l'organisation militaire durcit le ton envers les Russes, Moscou a annulé sa participation à des manœuvres communes...

Sa. C. avec agence

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Tbilissi a signé vendredi un accord de cessez-le-feu avec la Russie, dont les forces occupaient toujours une partie du territoire géorgien, tandis que les Etats-Unis exigent désormais leur "départ immédiat"
Tbilissi a signé vendredi un accord de cessez-le-feu avec la Russie, dont les forces occupaient toujours une partie du territoire géorgien, tandis que les Etats-Unis exigent désormais leur "départ immédiat" — Vano Shlamov AFP

Bloc contre bloc. Alors que l’Otan a durci le ton envers les Russes, mardi, Moscou a annulé sa participation à des manœuvres communes, marquant une nouvelle escalade de la tension entre les deux parties.
 
«Aucun signe de retrait russe»
 
A l’issue de la réunion extraordinaire convoquée mardi matin par les Etats-Unis, les 26 pays membres de l’Otan sont tombés d’accord pour dire que la Russie ne respectait pas ses engagements pris dans le plan de paix accepté par Moscou et Tbilissi, samedi. «Il n’y a aucun signe de retrait russe en Géorgie», fait valoir l’organisation qui estime donc qu'elle ne peut continuer ses relations «comme si de rien n'était» avec la Russie, a indiqué mardi le secrétaire général de l'Alliance, Jaap de Hoop Scheffer. En outre, les 26 ont appelé Moscou «à démontrer, tant par la parole que par les actes, son engagement en faveur des principes sur lesquels nous avons fondé notre relation».
 
«Que vaut une promesse, faite sur le papier après des contacts avec des dirigeants de l'Alliance lorsque cette promesse n'est pas tenue?» s'est interrogé le secrétaire général. L’Otan n'a pourtant pas de solution pour sortir de la crise: sa principale mesure immédiate pour signifier son mécontentement a été de suspendre des réunions du Conseil Otan-Russie, selon Jaap de Hoop Scheffer. Mais le Conseil Otan-Russie n'est pas supprimé. «Nous n'allons pas couper tous les contacts», a-t-il souligné. Plus sévères, les Etats-Unis, à l’origine de la réunion du matin et du durcissement de ton envers la Russie, sont sortis satisfaits. «Nous avons obtenu exactement ce que nous cherchions», a déclaré Condoleezza Rice à l’issue de la réunion. Et la chef de la diplomatie américaine d’ajouter: «C'est par son comportement dans cette crise récente que la Russie s'isole des principes de coopération entre nations.»

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De son côté, la Russie, qui voyait d’un mauvais œil la réunion de l’Otan, a affirmé mardi après-midi que le retrait des Russes se fera au «rythme» de celui des Géorgiens. La Russie constate «avec préoccupation qu'à ce jour, il n'y a pas de confirmation du plein retour des forces géorgiennes dans leurs cantonnements», a déclaré le représentant de la Russie, Valery Loschinine. Et Moscou de durcir le ton à son tour: la déclaration de l'Otan sur le conflit géorgien n'est «pas objective et reflète un parti-pris», a déclaré mardi soir le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov ajoutant que «l'Alliance a en réalité pris Saakachvili sous sa protection.»
 
En réaction, la Russie a aussi annulé sa participation à des manoeuvres prévues en Baltique dans le cadre du partenariat avec l'Otan avant de signifier qu'elle ne pourrait accueillir comme prévu une frégate américaine en septembre en Extrême-Orient, a déclaré mardi le porte-parole de la Marine, Igor Dygalo.