Dix parachutistes français tués en Afghanistan, Nicolas Sarkozy se rend à Kaboul

SECURITE Le chef de l'Etat est parti mardi soir pour Kaboul, après l'annonce du décès de dix soldats français. Ils étaient engagés dans des combats violents contre des insurgés talibans à cinquante kilomètres à l'Est de Kaboul...

Avec agence

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Dix soldats français ont été tués lundi et mardi dans des combats à 50 kilomètres de Kaboul, dans l'assaut au sol le plus meurtrier visant les forces internationales en Afghanistan, alors que les insurgés multiplient les attaques d'envergure à travers l'Afghanistan.
Dix soldats français ont été tués lundi et mardi dans des combats à 50 kilomètres de Kaboul, dans l'assaut au sol le plus meurtrier visant les forces internationales en Afghanistan, alors que les insurgés multiplient les attaques d'envergure à travers l'Afghanistan. — Shah Marai AFP/Archives

Le chef de l'Etat est parti ce mardi soir pour Kaboul, après l'annonce du décès de dix soldats français. Ce sont les pertes les plus sévères depuis l'arrivée des troupes françaises en Afghanistan, fin 2001. «Dans son combat contre le terrorisme, la France vient d'être durement frappée», a précisé Nicolas Sarkozy dans un communiqué.

Ces dix soldats de l'Otan étaient engagés lundi et mardi dans des combats violents contre des insurgés, à cinquante kilomètres de Kaboul. Le ministère de la défense se refuse pour l'instant à tout commentaire.

Vingt-et-un autres soldats ont été blessés, a précisé l'Elysée. Les victimes appartiennent au 8e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine, le RPIMA, basé à Castres (Tarn) et au 2ème Régiment étranger de parachutistes et au Régiment de marche du Tchad de Noyon (Oise).

La nouvelle avait commencé à filtrer lundi soir, l'état major français des armées à Paris évoquant une «opération est en cours
» impliquant des soldats français. Ils étaient engagés au sein de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf), dépendant directement de l'Otan, qui a parlé ce mardi matin d'un «incident majeur».

Embuscade avec mines et roquettes

Zabihullah Mujahed, un porte-parole des talibans, a donné plus de détails à l’AFP: «Ce matin, nous avons tendu une embuscade aux troupes de l'Otan dans le district de Saroubi, à l'aide de mines et de roquettes. Nous avons détruit cinq véhicules et infligé de lourdes pertes».

«L'Otan a riposté par des frappes aériennes aux cours desquelles cinq talibans et 15 civils ont été tués», a ajouté ce responsable. Ces informations sont à prendre avec la plus grande précaution.

 2 600 militaires français en Afghanistan


Près de 2 600 militaires français sont actuellement engagés en Afghanistan au sein de l'Isaf, principalement à Kaboul et dans la province de Kapisa, au nord-est de la capitale.


La présence militaire française en Afghanistan a été renforcée lors du sommet de l'Otan à Bucarest, en avril dernier,
après l'engagement de Nicolas Sarkozy. Une décision vivement critiquée par les députés de l’opposition. Ils avaient déposé une motion de censure contre le gouvernement.

En
Afghanistan, «aussi longtemps que ce sera nécessaire» dixit Sarkozy en juin 2008

Lors de la conférence internationale d'aide à l'Afghanistan, qui s'est tenue en juin à Paris, le chef de l'Etat a martelé que la France assurerait une présence militaire dans le pays «aussi longtemps que ce sera nécessaire».

Depuis la fin 2001 et avant ces graves combats, quatorze militaires français avaient été tués en Afghanistan dans des accidents, opérations ou attentats. Le dernier en date avait péri le 21 septembre 2007, dans un attentat suicide à la voiture piégée à Kaboul.