Que se passe-t-il en Georgie ce mardi?

CONFLIT Alors que la Russie affirme avoir entamé le retrait de ses troupes, des échanges de prisonniers ont été observés entre les deux pays, mardi...

Sandrine Cochard

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"Le retrait complet dépend de la politique de Saakachvili et de l'action de ses forces", a ajouté le représentant permanent russe à l'Otan. "Nous voulons terminer ce cauchemar le plus tôt possible".
"Le retrait complet dépend de la politique de Saakachvili et de l'action de ses forces", a ajouté le représentant permanent russe à l'Otan. "Nous voulons terminer ce cauchemar le plus tôt possible". — Marco Longari AFP

Alors que des incertitudes pèsent sur le retrait des troupes russes, le ton monte entre l'Occident, la Géorgie et Moscou.

Où en est le retrait russe?

Une colonne de blindés russes en Géorgie a pris la direction de la Russie, présentée par les militaires russes comme «l'une des premières colonnes à quitter la Géorgie», a rapporté un journaliste de l'AFP sur place.

«Le retrait des forces russes a déjà commencé, bien sûr il faut attendre quelques jours pour réaliser ce plan (de paix)», a réaffirmé ce mardi à France Inter le représentant permanent de la Russie auprès de l'Otan, Dmitri Rogozine, avant l'ouverture d'une réunion extraordinaire de l'Alliance à Bruxelles. «Le retrait complet dépend de la politique (du président géorgien Mikheïl) Saakachvili et de l'action de ses forces, a-t-il ajouté. Nous voulons terminer ce cauchemar le plus tôt possible.»

Rogozine a ajouté que des «pacificateurs russes restaient en Ossétie du Sud», en vertu selon lui du plan de paix accepté par Moscou et Tbilissi. «Ils ont le mandat international, ils se trouvent là de manière légitime Ils doivent rester pour maintenir la paix.» De son côté, la Géorgie a affirmé qu'aucun retrait russe n'avait eu lieu. Moscou a répliqué en accusant les troupes géorgiennes de ne pas regagner leurs casernes comme prévu par l'accord de cessez-le-feu.

Echange de prisonniers?

Alors que l'incertitude règne sur le retrait des troupes russes, les deux pays ont montré un signe de détente encourageant, mardi matin en échangeant leurs prisonniers à Igoïeti, un village distant d'une trentaine de kilomètres de Tbilissi. Des hélicoptères sont arrivés du côté russe, apportant treize Géorgiens. Deux d'entre eux semblaient être blessés. Ils ont été échangés contre cinq Russes. Le ministère russe de la Défense a affirmé que l'échange avait porté sur 15 Géorgiens, un chiffre non confirmé officiellement du côté géorgien. La vice-ministre géorgienne de l'Intérieur Eka Zghouladzé a fait état lundi de «plus de 100 citoyens géorgiens détenus par la partie russe, et de 12 à 15 Russes détenus par la partie géorgienne».

L’Otan se réunit

Réunis à Bruxelles par Washington, les représentants des pays de l'Otan se sont mis d'accord, mardi, pour «un durcissement du langage» face à la Russie qui n'a «pas respecté» jusqu'ici son engagement à retirer ses forces de Géorgie, a déclaré mardi à Bruxelles un diplomate français.

La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, veut aussi que les pays de l'Otan réaffirment les perspectives d'adhésion à l'Alliance de la Géorgie et de l'Ukraine, afin d'empêcher Moscou d'atteindre son «objectif stratégique»: stopper l'élargissement de l'Otan dans ce qu'elle considère comme sa zone d'influence.

Mais les Russes voient cette réunion d’un mauvais œil. «Si l'Otan tente de protéger la Géorgie, nous allons avoir des problèmes dans la coopération avec l'Alliance», a averti le vice-ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Grouchko, dans un entretien publié mardi par le quotidien Vremia Novostieï. De même, Dmitri Rogozine a averti qu'une décision de l'Alliance «non conforme à la réalité» nuirait à la «qualité de la coopération» Otan-Russie.

Par ailleurs, l'OSCE pourrait arriver à un accord pour envoyer dès ce mardi 20 observateurs militaires en Géorgie, puis 80 autres «dans les jours suivants» a indiqué mardi le ministre finlandais des Affaires étrangères, Alexander Stubb, dont le pays assure la présidence de l'organisation. Les Russes ont finalement accepté cet envoi après l’avoir refusé, lundi soir.