Esclavage: La directrice mode de Vogue Brésil démissionne après des photos polémiques

POLÉMIQUE Donata Meirelles, 50 ans, est accusée d'avoir organisé une fête d'anniversaire sur le thème de l'esclavage

20 Minutes avec agence

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L'ancienne directrice mode de Vogue Brésil, Donata Meirelles, à Paris le 9 janvier 2018.
L'ancienne directrice mode de Vogue Brésil, Donata Meirelles, à Paris le 9 janvier 2018. — Dvora/REX/REX/SIPA

La directrice mode de Vogue  Brésil a démissionné de ses fonctions après avoir été photographiée dans des circonstances jugées racistes, rapporte  CNN. À l’occasion de son 50e anniversaire, Donata Meirelles avait organisé une fête.

Des photos de l’événement ont fuité sur Instagram avant d’être supprimées. La directrice mode y apparaît vêtue d’une robe à plumes, assise sur une sorte de trône et flanquée de deux femmes noires habillées de robes blanches traditionnelles.

Une mise en scène choquante

Sur Instagram, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer une mise en scène raciste, inspirée de l’époque où le Brésil était encore un pays esclavagiste. Un internaute pointe du doigt que les photos font « clairement et malheureusement référence » à l’esclavage, et au « Brésil de l’autocratie […], où les personnes noires servaient les Blancs ».

Dans une publication, la présentatrice de télévision Rita Batista a rappelé le contexte historique dans lequel s’inscrit ce scandale. « L’esclave en lui-même était un objet de luxe qu’il fallait exhiber publiquement », écrit-elle en légende d’une photo du XIXe siècle montrant une Brésilienne accompagnée de ses deux esclaves noirs :

Une démission et des excuses

Face à la polémique, Donata Meirelles s’est rapidement excusée, assurant que l’esclavage « n’était pas le thème de sa fête ». Elle a expliqué que le « trône » était une chaise utilisée dans les traditions candomblé, du nom du culte adopté par des communautés brésiliennes suivant des croyances et des pratiques d’origine africaine.

Le magazine de mode a également présenté ses excuses sur Instagram. La direction du groupe a annoncé la création d’un comité permanent d’experts, qui seront chargés de travailler à la promotion de contenus et des images susceptibles de lutter contre les inégalités.