Royaume-Uni : «Malades» devant l’antisémitisme du parti, sept députés quittent le «Labour»

DEPARTS Ces défections affaiblissent le Parti travailliste à un moment crucial où il essaie de profiter des difficultés de Theresa May face au Brexit

20 Minutes avec AFP

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La députée Luciana Berger, le 18 février 2019 lors de l'annonce de sa démission avec six autres élus.
La députée Luciana Berger, le 18 février 2019 lors de l'annonce de sa démission avec six autres élus. — Rob Pinney/LNP/REX//SIPA

Défections en série chez les travaillistes au Royaume-Uni. Sept députés du Labour démissionnent du parti de Jeremy Corbyn ce lundi. Les élus reprochent au chef de file du parti d’opposition sa position sur le Brexit et sa gestion des soupçons d’antisémitisme qui pèsent sur lui.

« C’était une décision très difficile à prendre, douloureuse mais nécessaire », a souligné la députée Luciana Berger. Dans des termes très forts, les députés ont chacun fait une déclaration pour expliquer leur départ, se disant « malades » devant l’antisémitisme dans le parti. La députée a précisé que les députés formeraient leur propre groupe au Parlement.

Jeremy Corbyn « déçu »

« Le parti que nous avons rejoint n’est plus le même, il a été pris en otage par l’extrême-gauche », a ainsi souligné Chris Leslie. Parmi ces sept députés, figure l’étoile montante du Labour, Chuka Ummuna, qui a assuré vouloir « jeter la vieille politique tribale à la poubelle » pour promouvoir une vision différente de la politique. Un autre député, Mike Gapes, s’est lui déclaré « furieux que la direction du Labour facilite le Brexit ». Jeremy Corbyn, leader du parti issu de son aile gauche radicale, s’est vu reprocher de ne pas prendre clairement position sur le Brexit et de ne pas réagir avec suffisamment de force aux nombreuses accusations d’antisémitisme au sein de sa formation.

Jeremy Corbyn a réagi en se disant « déçu » par ces démissions, dans un communiqué. « Je suis déçu que ces députés se soient sentis incapables de continuer à travailler ensemble pour la politique du Labour », a-t-il souligné, sans répondre à leurs accusations sur le fond.

Un réel problème au sein du parti

Ces défections ne doivent pas fondamentalement changer l’équilibre à la Chambre des communes, où la Première ministre conservatrice Theresa May possède une faible majorité absolue. Mais elles affaiblissent le Parti travailliste à un moment où il essaie de profiter des difficultés de  Theresa May à faire adopter par le Parlement son plan de sortie de l’Union européenne.

Fin août, un autre député travailliste, Frank Field, avait démissionné pour dénoncer la gestion par la direction du parti des accusations d’antisémitisme portées contre certains de ses membres. Début août, Jeremy Corbyn avait reconnu que sa formation avait un « réel problème » d’antisémitisme en son sein, tout en assurant que « restaurer la confiance » avec la communauté juive était sa priorité.

Il avait reconnu que sa formation avait été « trop lente » pour procéder à des sanctions disciplinaires suite à certains cas d’expression antisémite. Cette mise au point intervenait après que le Labour avait été attaqué en juillet dernier pour avoir refusé d’adopter certains éléments de la définition de l’antisémitisme élaborée par l’Alliance internationale pour le souvenir de l’Holocauste (IHRA). Le parti avait ensuite complété cette définition en septembre.