Procès Nemmouche: L'audience interrompue pour que la police interroge un juré

IMPARTIALITE Le juré a confié aux magistrats avoir rencontré, vendredi lors d’une suspension d’audience, « des personnes non entendues » dans ce procès et avoir discuté avec elles de l’affaire

20 Minutes avec AFP

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La présidente de la cour d'assises de Bruxelles, Laurence Massart, lors du procès de Mehdi Nemmouche, le 18 février 2019.
La présidente de la cour d'assises de Bruxelles, Laurence Massart, lors du procès de Mehdi Nemmouche, le 18 février 2019. — DAINA LE LARDIC / BELGA / AFP

Alors que le procès de la tuerie du musée juif de Bruxelles, où comparaît le djihadiste français Mehdi Nemmouche, aurait dû reprendre ce lundi matin, il a été interrompu. La raison ? Un des jurés, ayant violé l’interdiction de communiquer avec des personnes extérieures, a été entendu par la police, a annoncé Laurence Massart, la présidente de la cour d’assises, qui a ajouté que le juré incriminé avait d’ores et déjà été récusé et remplacé.

« On ne peut pas commencer les plaidoiries dans ces conditions », a souligné la présidente. Cette dernière a demandé au policier belge, qui a dirigé l’enquête sur ce quadruple assassinat perpétré en 2014, d’entendre ce juré avant que le procès puisse reprendre.

« Il semble avoir violé son devoir d’impartialité »

Récusé et remplacé, le juré a confié aux magistrats avoir rencontré, vendredi lors d’une suspension d’audience, « des personnes non entendues » dans ce procès et avoir discuté avec elles de l’affaire. « Il a eu des éléments extérieurs au débat et a entrepris des investigations personnelles », a affirmé Laurence Massart. Cela revient, a-t-elle ajouté, à enfreindre l’interdiction faite aux membres d’un jury d’assises de communiquer avec des personnes extérieures.

« Il semble avoir violé son devoir d’impartialité (…) je demande de le mettre de côté », a dit un des représentants de l’accusation, invité à se prononcer sur la demande de récusation de la cour. Plusieurs avocats des parties civiles ont eu le même avis. Plusieurs jurés ont déjà été récusés depuis l’ouverture des débats, mais pour des motifs comme une maladie ou un lien professionnel avec une partie.

Le verdict attendu début mars

Dans ce procès, Mehdi Nemmouche, 33 ans, délinquant multirécidiviste radicalisé en prison et passé par la Syrie, est accusé d’avoir tué, le 24 mai 2014 au musée juif, un couple de touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé belge du site. Il nie les faits.

A son côté dans le box comparaît Nacer Bendrer, 30 ans, un délinquant marseillais accusé de lui avoir fourni les armes​. Les deux Français encourent la réclusion à perpétuité. Le procès, ouvert le 10 janvier, devait entrer dans sa dernière ligne droite lundi, avec le début des plaidoiries des parties civiles. Les témoignages se sont achevés vendredi. Un verdict est attendu début mars.