VIDEO. Etats-Unis: Deux Américaines, arrêtées pour avoir parlé espagnol, poursuivent la police des frontières

ETATS-UNIS Elles faisaient leurs courses dans un magasin, dans le nord-ouest des Etats-Unis

M.C. avec AFP

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Un agent de la police des frontières américaine (illustration).
Un agent de la police des frontières américaine (illustration). — Jason Hoekema/AP/SIPA

Elles attendaient simplement leur tour pour acheter des œufs. Deux Américaines arrêtées dans le Montana (nord-ouest des Etats-Unis) par un agent de la police des frontières qui les avaient entendues parler en espagnol dans un magasin, ont lancé des poursuites en justice contre l’agence fédérale des douanes et de protection des frontières (CBP).

Une vidéo de l’incident qui s’est déroulé en mai dans la petite ville de Havre, située non loin de la frontière canadienne, montre l’agent Paul O’Neal expliquer à Ana Suda et à Martha Hernandez la raison pour laquelle il leur a demandé leurs papiers d’identité. « C’est lié au fait que vous parlez espagnol dans un magasin au sein d’un Etat où l’on parle en grande partie anglais », dit-il. « Ce n’est pas illégal, c’est simplement très inhabituel ici », ajoute l’agent.

« Des tactiques abusives qui se sont aggravées sous l’administration Trump »

La puissante organisation de défense des libertés civiles ACLU a intenté jeudi une action en justice au nom des deux femmes contre l’agence fédérale. Ana Suda et Martha Hernandez expliquent dans la plainte que l’agent les a retenues pendant quarante minutes. Elles soulignent également que la première est née au Texas et la seconde en Californie.

Dans la plainte, elles racontent qu’elles étaient en train d’attendre leur tour pour acheter du lait et des œufs quand cet officier a fait un commentaire sur l’accent de Martha Hernandez et a demandé aux femmes leur lieu de naissance.

« Cet incident fait partie d’une tendance plus large que nous avons observée de tactiques abusives utilisées par les agents aux frontières, qui se sont aggravées sous l’administration Trump », a indiqué à l’AFP Cody Wofsy, avocat de l’ACLU. « Ca a été épouvantable » pour elles, a-t-il ajouté, rapportant qu’elles s’étaient senties « mal accueillies dans leur propre ville et dans leur propre pays ».

Il a noté que les Etats-Unis n’avaient pas de langue officielle et que l’espagnol était, de loin, la deuxième langue la plus parlée dans le pays après l’anglais. Contacté par l’AFP, un porte-parole du CBP s’est refusé à tout commentaire sur cette affaire.