Catalogne: Plus de 200.000 manifestants défilent à Barcelone contre le procès des 12 indépendantistes

SECESSION L'une des oratrices a évalué pour sa part à 500.000 le nombre de participants réunis derrière une bannière proclamant « l’autodétermination n’est pas un crime »

20 Minutes avec AFP

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Au moins 200.000 personnes, selon la police, ont manifesté samedi 16 février 2019 à Barcelone contre le procès de dirigeants indépendantistes.
Au moins 200.000 personnes, selon la police, ont manifesté samedi 16 février 2019 à Barcelone contre le procès de dirigeants indépendantistes. — LLUIS GENE / AFP

Quelque 200.000 personnes, selon la police, ont manifesté samedi à Barcelone contre le procès de 12 dirigeants indépendantistes pour la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017. Une des oratrices dans ce rassemblement, organisé par des partis et des associations séparatistes, a évalué pour sa part à 500.000 le nombre de participants, qui ont défilé derrière une bannière proclamant « l’autodétermination n’est pas un crime ».

Les manifestants brandissaient le drapeau séparatiste catalan bleu, rouge et jaune, ainsi que des pancartes : « Liberté pour les prisonniers politiques ». « Tout ceci est très triste. C’est un procès politique, fait de manipulations pour les condamner pour quelque chose qui n’est en rien un délit », déclare Jesus Rodriguez, président d’un groupe de « Castellers ». « Ce qu’ils veulent, c’est les mettre en prison, et comme ils savent que voter n’est pas un crime, ils inventent une violence qui n’a pas eu lieu », poursuit l’homme de 48 ans.

La question des violences est au centre du procès

Pour rappel, 12 dirigeants indépendantistes catalans sont jugés depuis mardi à Madrid pour la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017. Ils sont accusés selon les cas de « rébellion », « détournement de fonds » et « désobéissance ».

Après avoir organisé le 1er octobre 2017 un référendum d’autodétermination interdit par la justice, les séparatistes avaient proclamé quelques semaines plus tard, le 27 octobre, une république catalane indépendante, déclenchant la plus grave crise politique que l’Espagne ait connue depuis la fin du franquisme. Y a-t-il eu alors violence ? La question est au centre du procès, le chef d’accusation contesté de «rébellion» supposant un soulèvement violent. Le parquet le soutient mais les indépendantistes affirment eux que la seule violence a été celle des policiers le jour du référendum, dont les images ont fait le tour du monde.

Toute l’Espagne peut suivre en direct le procès retransmis à la télévision

Jeudi, sous les ors de la Cour suprême et le regard des sept juges assis en surplomb, l’ex-vice-président indépendantiste catalan Oriol Junqueras a revendiqué jeudi dernier « avec passion » sa lutte pour la « république catalane ».

Avec lui, 11 autres anciens dirigeants indépendantistes comparaissent dans le majestueux salon des réunions plénières de la plus haute instance judiciaire espagnole. A l’endroit même où le roi d’Espagne Felipe VI préside rituellement le lancement de l’année judiciaire. Toute l’Espagne peut suivre en direct le procès retransmis à la télévision.