Donald Trump annonce le 15 février 2019 qu'il a déclaré l'urgence nationale pour financer le mur à la frontière.
Donald Trump annonce le 15 février 2019 qu'il a déclaré l'urgence nationale pour financer le mur à la frontière. — REX/Shutterstock/SIPA

ETATS-UNIS

Trump déclare l'urgence nationale pour le mur, les démocrates promettent un combat judiciaire

Le président américain cherche à obtenir par décret les fonds nécessaires à la construction de l'édifice qu'il a promis pendant la campagne...

Il avait assuré que le Mexique paierait pour le mur. Puis que le Congrès lui donnerait le budget nécessaire. Finalement, Donald Trump a signé vendredi une déclaration d'« urgence nationale », une procédure exceptionnelle, pour financer l’édifice. « Tout le monde sait que les murs fonctionnent », a martelé le président américain depuis les jardins de la Maison Blanche lors d’une conférence de presse particulièrement décousue où il a évoqué une « invasion » de drogue et de criminels.

Cette procédure devrait lui permettre de contourner le Congrès afin de débloquer des fonds fédéraux – notamment destinés au Pentagone – pour construire son ouvrage phare contre l’immigration clandestine. Au total, et en comptabilisant les 1,4 milliard de dollars débloqués par le Congrès, il pourrait, selon la Maison Blanche, disposer de quelque 8 milliards pour la construction de cet édifice maintes fois promis sur les estrades de campagne.

Bataille judiciaire en vue

Les chefs de l’opposition démocrate, qui contestent l’existence d’une urgence sécuritaire à la frontière, ont immédiatement dénoncé une initiative anticonstitutionnelle, jugeant que la démarche présidentielle allait à l’encontre du principe de la séparation des pouvoirs. "La déclaration illégale du président, partant d’une crise qui n’existe pas, porte un coup violent à notre Constitution et rend l’Amérique moins sûre, ont écrit Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, et Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat.

L’Etat de New York, un bastion démocrate, a très vite déclaré qu’il allait saisir les tribunaux. « La Californie vous donne rendez-vous devant la justice », a lancé de son côté le gouverneur de Californie Gavin Newsom.

Le président a confié s’attendre à ce que des poursuites judiciaires soient lancées contre sa déclaration d’urgence nationale. « Heureusement nous allons gagner », a-t-il ajouté, affichant une confiance sans doute confortée par les juges conservateurs qu’il a nommés à la Cour suprême, l’instance judiciaire suprême du pays.

« Invocation illégitime »

« Honte à tout membre du Congrès qui ne s’opposera pas clairement et vigoureusement à cette invocation illégitime » d’une urgence nationale, a tonné la puissante organisation américaine de défense des libertés civiles, ACLU.

Plusieurs présidents des Etats-Unis ont par le passé eu recours à ces moyens exceptionnels, mais dans des circonstances très différentes et beaucoup moins controversées. Jimmy Carter avait invoqué l’urgence après la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran en 1979. George W. Bush l’avait fait après les attentats du 11 septembre 2001. Et Barack Obama y avait eu recours lors de l’épidémie de grippe H1N1.