«S’il vous plaît, prenez soin d’eux»... Le cri du cœur d’un jardinier japonais aux voleurs de ses bonsaïs

FAITS DIVERS Sept bonsaïs d'une valeur totale estimée à environ 56.000 euros ont été subtilisés dans le jardin d'un Japonais

20 Minutes avec agences
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Un bonsaï (illustration).
Un bonsaï (illustration). — Pixabay / Monoar

« C’est le trésor de notre famille, des pièces que je n’aurais jamais vendues, même contre 10 millions de yens (80.000 euros). » Seiji Iimura est inconsolable. Ce jardinier japonais de bonsaïs de cinquième génération entretient un jardin à Kawaguchi, dans la banlieue de Tokyo. Il vient de lancer un SOS après le vol de spécimens multiséculaires de grande valeur, dont un genévrier noueux de 400 ans.

« Je serais triste s’ils mouraient »

L’art traditionnel du bonsaï, perpétué et porté à la perfection au Japon, trouve ses racines en Chine. Il consiste à cultiver en pot un arbuste en lui donnant par différentes techniques l’allure d’un arbre de grandes dimensions qui aurait traversé les décennies et subi maintes intempéries.

Au total, sept bonsaïs d’une valeur estimée globalement à plus de 7 millions de yens (environ 56 000 euros) ont été subtilisés dans son jardin le mois dernier. « Bien sûr, je déteste la personne qui les a volés, mais je veux lui dire, "s’il vous plaît, arrosez-les et s’il vous plaît, prenez soin d’eux" », a poursuivi le spécialiste.

« Je serais triste s’ils mouraient », a de son côté écrit son épouse Fuyumi sur Facebook, car ces bonsaïs ont été élevés « comme nos enfants », ajoute-t-elle.


Un art qui s’exporte

M. Iimura s’occupe de quelque 3.000 bonsaïs dans son jardin de 5.000 mètres carrés, pour le bonheur visuel des passants. « Malheureusement, nous avons dû renforcer la sécurité en installant des caméras après le vol », regrette-t-il.

« Vous savez, le bonsaï est une nature miniature. Regarder un bonsaï, c’est comme traverser une montagne tout en étant à la maison », souligne M. Iimura.

Beaucoup de bonsaïs japonais sont exportés. En 2018, le Japon a expédié à l’étranger pour environ 12 milliards de yens (96 millions d’euros) d’arbres, de bonsaïs et de fleurs en pot, contre 4,5 milliards de yens il y a une dizaine d’années.