Espagne: Le procès historique des dirigeants indépendantistes catalans s’ouvre à Madrid

CRISE POLITIQUE Des peines allant de 7 à 17 ans ont été requises contre les onze autres accusés

20 Minutes avec AFP

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Manifestation d'indépendantistes catalans, le 7 décembre 2018 en Belgique.
Manifestation d'indépendantistes catalans, le 7 décembre 2018 en Belgique. — EMMANUEL DUNAND / AFP

C’est un procès historique. Ce mardi, douze dirigeants indépendantistes catalans vont être jugés à Madrid pour leur rôle dans la tentative de sécession d’octobre 2017. En Espagne, la question catalane enflamme toujours autant les esprits.

De nombreux policiers ont été déployés devant la Cour suprême. L’audience doit commencer à 10 heures devant la plus haute instance judiciaire du pays. Les neuf accusés en détention provisoire, incarcérés près de Madrid le temps du procès, ont été transférés vers le tribunal dans des fourgons des forces de l’ordre.

Puigdemont, grand absent

Dans le même temps en Catalogne, où une manifestation indépendantiste est prévue à 19 heures, plusieurs routes ont été coupées par les militants radicaux des CDR, dont l’autoroute AP-7 en partie entre Gérone et Barcelone, selon les autorités régionales. Ce procès, retransmis en direct à la télévision et pour lequel plus de 600 journalistes espagnols et étrangers sont accrédités, doit durer environ trois mois. Le verdict ne devrait pas être rendu avant juillet. Des centaines de personnes vont être appelées à témoigner dont l’ancien chef de gouvernement conservateur Mariano Rajoy.

La principale figure de la tentative de sécession, l’ex-président catalan Carles Puigdemont, qui a fui en Belgique, sera le grand absent, l’Espagne ne jugeant pas en absence pour les délits graves. Le principal protagoniste sera donc son ancien vice-président Oriol Junqueras, contre lequel le parquet a requis 25 ans de prison.

Un brûlot politique

Des peines allant de 7 à 17 ans ont été requises contre les onze autres accusés, dont l’ancienne présidente du parlement catalan, plusieurs « ministres » régionaux et les responsables des puissantes associations indépendantistes ANC et Omnium Cultural. Neuf accusés au total sont poursuivis pour rébellion, aggravée du délit de détournement de fonds publics pour six d’entre eux, et sont en détention provisoire, pour certains depuis plus d’un an.

Après avoir organisé le 1er octobre 2017 un référendum d’autodétermination interdit par la justice, les séparatistes avaient proclamé le 27 octobre une république catalane indépendante, déclenchant la plus grave crise politique que l’Espagne ait connue depuis la fin du franquisme.

 

Près d’un an et demi après les faits, la question catalane reste un brûlot politique en Espagne. Dimanche, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Madrid à l’appel de la droite et de l’extrême droite de Vox contre le chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez, accusé de « haute trahison » pour avoir dialogué avec les indépendantistes.