Chine: Des scientifiques auraient utilisé des organes de détenus exécutés pour leurs recherches

ETHIQUE 99 % des études chinoises portant sur des greffes ne préciseraient pas si l’accord des donneurs a été obtenu

20 Minutes avec agence

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Illustration d'une opération chirurgicale.
Illustration d'une opération chirurgicale. — M.Libert / 20 Minutes

Plusieurs centaines de travaux scientifiques concernant des greffes effectuées en Chine auraient été réalisées avec des organes prélevés sur des détenus exécutés.

C’est ce qu’affirment des chercheurs australiens dans une étude publiée le 5 février dernier dans le British Medical Journal. Ces scientifiques demandent le retrait de plus de 400 recherches dont ils accusent les auteurs de manquement à l’éthique.

Sans le consentement des donneurs

Dans une tribune relayée par Newsweek, Wendy Rogers et Matthew Robertson rappellent qu’il est interdit de publier des recherches qui utilisent du « matériel biologique » provenant de prisonniers exécutés. Mais aussi celles qui n’ont pas reçu l’approbation d’un comité d’éthique ou l’accord des donneurs.

Les Australiens se sont penchés sur 445 études publiées entre 2000 et 2017 portant sur 85.477 transplantations de poumons, de cœurs ou de foies humains en Chine. Ils ont montré que 99 % d’entre elles ne précisaient pas si le consentement des donneurs avait été obtenu. Dans 92 % des recherches, la provenance des organes n’était pas précisée.

Des prisonniers de conscience concernés ?

Les spécialistes de l’éthique médicale vont même plus loin. « De plus en plus d’éléments crédibles suggèrent que le prélèvement d’organes ne se limite pas aux prisonniers condamnés, mais concerne aussi les prisonniers de conscience. Il est donc possible, mais vérifiable dans aucun cas précis, que des publications scientifiques contiennent des données obtenues grâce à des prisonniers de conscience tués pour obtenir leurs organes », écrivent Wendy Rogers et Matthew Robertson.

Ces derniers appellent à un moratoire sur les études chinoises concernant les greffes tant qu’un « sommet international » n’aura pas été organisé afin de « développer des politiques et des méthodes acceptables à appliquer lors de futures recherches ». Selon eux, la publication de l’intégralité des informations lors d’essais cliniques offre « l’espoir que les manquements comme ceux que nous avons découverts deviennent moins fréquents ».