Le vice-Premier ministre italien défend sa rencontre avec des «gilets jaunes»

CLASH De son côté, Marine Le Pen a estimé que le rappel de l'ambassadeur de France en Italie était une «faute diplomatique»...

20 Minutes avec AFP

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Luigi Di Maio, vice-Premier ministre italien, a provoqué une crise sans précédent en se rendant en France pour rencontrer des «gilets jaunes».
Luigi Di Maio, vice-Premier ministre italien, a provoqué une crise sans précédent en se rendant en France pour rencontrer des «gilets jaunes». — Cristiano Minichiello/AGF/SIPA

Il persiste et signe. Le vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio a défendu vendredi sa visite à des « gilets jaunes » français, à l’origine d’une crise sans précédent entre deux pays fondateurs de l’UE qui risque de perdurer jusqu’aux élections européennes de mai. Cette crise, qui a conduit la France, exaspérée, à rappeler jeudi son ambassadeur à Rome, cristallise le face-à-face entre les leaders populistes au pouvoir en Italie et le camp pro-européen incarné par le président français Emmanuel Macron.

Dans une tribune adressée au quotidien français Le Monde, Luigi Di Maio, le chef du Mouvement 5 étoiles (antisystème), a dénoncé des « recettes ultralibérales », appliquées par « des partis de droite comme de gauche et (qui) ont précarisé la vie des citoyens ». « C’est pour cette raison que j’ai voulu rencontrer des représentants des ''gilets jaunes'' » mardi, s’est-il expliqué, évoquant ainsi la fronde sociale qui secoue la France depuis plusieurs semaines. Visant directement Emmanuel Macron, élu sur la promesse d’un « ni droite ni gauche », le dirigeant italien a ironisé sur « ces partis qui se disent ''nouveaux'' mais sont en réalité le fruit d’une tradition ».

« Faute diplomatique »

Marine Le Pen a, elle, estimé vendredi que le rappel de l’ambassadeur de France en Italie était une « faute diplomatique » démontrant qu’Emmanuel Macron était « une source de tensions et d’immaturité » en Europe. « Cette décision est contraire aux intérêts de nos deux pays », a ajouté dans un tweet la présidente du Rassemblement national (RN), dont le parti est un allié de la Ligue italienne (extrême droite) dirigée par l’homme fort du gouvernement de la Péninsule, Matteo Salvini.

Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, a lui dénoncé une « folle décision » d’Emmanuel Macron dans le rappel de son ambassadeur en raison « d’attaques » sans « précédent » du gouvernement italien. Le président des Patriotes, Florian Philippot, a lui jugé « l’indignation sélective ». « On est dans un système qui s’appelle l’Union européenne où c’est l’ingérence permanente. (…) Si on veut sortir de l’ingérence, il faut sortir de l’UE », a plaidé ce partisan d’un Frexit sur Sud Radio.