Belgique: La ministre flamande de l'Environnement démissionne après avoir assimilé les marches pour le climat à un complot

POLEMIQUE « Il est préférable que je démissionne et que la politique climatique se poursuive sans que ma personne ne l'hypothèque », a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse

20 Minutes avec agences

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Des milliers de jeunes défilent lors d'une manifestation contre le changement climatique à Bruxelles, le jeudi 31 janvier 2019.
Des milliers de jeunes défilent lors d'une manifestation contre le changement climatique à Bruxelles, le jeudi 31 janvier 2019. — Francisco Seco/AP/SIPA

Joke Schauvliege, la ministre flamande de l’Environnement, a démissionné ce mardi. Elle avait provoqué un tollé en Belgique en laissant entendre que les marches des jeunes pour le climat relevaient d’une opération politique organisée.

« Je sais qui se cache derrière ce mouvement (…). On me l’a aussi dit à la Sûreté de l’Etat. Je peux vous garantir qu’il y a plus, derrière tout cela, que des actions spontanées de solidarité pour le climat », avait-elle ainsi déclaré. Les propos, rapportés par l’agence de presse Belga, ont été tenus au cours du week-end lors d’une réunion avec un syndicat agricole.

Forte mobilisation des jeunes pour le climat

La ministre régionale avait ainsi assimilé les fortes mobilisations citoyennes pour le climat à une opération téléguidée par des organisations environnementales contre sa formation politique (Chrétien-démocrate), qui serait jugée trop favorable aux agriculteurs.

Pour le quatrième jeudi consécutif, des milliers de jeunes séchant les cours avaient manifesté le 31 janvier en Belgique contre le réchauffement climatique, un mouvement initié par des lycéens pour mettre la pression sur le monde politique. Le dimanche 27 janvier, une Marche européenne pour le Climat avait mobilisé 70.000 personnes à Bruxelles.

« Il est préférable que je démissionne »

Face aux réactions indignées suscitées par ses propos, Joke Schauvliege a voulu s’amender à plusieurs reprises, évoquant un discours « pas correct ». « Ces dernières semaines, j’ai peu dormi et je me suis laissée envahir par la frustration. Je suis un être humain et je peux me tromper », a-t-elle tenté d’expliquer, tout en admettant ne pas avoir eu de contact avec la Sûreté de l’État.

Mais la ministre a donc finalement renoncé à son poste. « Il reste des dossiers importants sur la table (…) Il est préférable que je démissionne et que la politique climatique se poursuive sans que ma personne ne l’hypothèque », a-t-elle déclaré. A noter qu’il existe quatre ministres de l’Environnement en Belgique, un au niveau fédéral et un dans chacune des trois régions que sont la Flandre, la Wallonie et Bruxelles.