Népal: Une femme de 21 ans décède durant son «exil menstruel», une pratique pourtant interdite

FEMMES La jeune femme s’était exilée pendant ses règles pour respecter le rite controversé de la chhaupadi, une tradition interdite depuis 2005

20 Minutes avec agences

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Une femme népalaise lors d'un rite de purification (illustration).
Une femme népalaise lors d'un rite de purification (illustration). — Niranjan Shrestha/AP/SIPA

Une jeune Népalaise de 21 ans est décédée dans de tragiques circonstances le 20 janvier. Parbati Bogati, 21 ans, est morte par suffocation dans une « cabane menstruelle » de son village de Purbichauki, à l’extrême ouest du pays.

La jeune femme avait allumé un feu pour tenter de se protéger du froid. Selon les informations du New York Times, son corps a été découvert le lendemain matin, partiellement carbonisé. Selon un policier cité par l’Agence France Presse (AFP), la victime serait « morte par asphyxie parce qu’elle [avait] fermé la porte de la cabane sans fenêtre ».

La chhaupadi, une tradition cruelle

Ce drame illustre les conditions terribles auxquelles sont soumises les femmes népalaises au cours du rite controversé de la chhaupadi. Pendant la période menstruelle, les femmes sont considérées comme impures et contraintes de s’isoler à l’écart du village. Elles vivent ainsi pendant plusieurs jours, à l’écart de la communauté, recluses dans ces huttes de boue et de pierre.

Pendant cette période, les femmes n’ont plus le droit de toucher le bétail ou la nourriture des convives. Il leur est aussi interdit d’utiliser les sources d’eau communes ou les toilettes de leur maison. Elles n’ont pas non plus le droit de regarder le soleil ou de se rendre au temple.

Un rituel interdit depuis 2005

Cette tradition religieuse d’origine hindoue a pourtant été interdite en 2005 par la Cour suprême du Népal. Depuis août 2017, elle est également punie par la loi. Celui qui contraint une femme à « l’exil menstruel » est passible d’une peine de trois mois d’emprisonnement et d’une amende d’une vingtaine d’euros.

Malgré les sanctions, ce rituel reste une réalité pour de nombreuses femmes népalaises, en raison d’une pression sociale forte. Il est responsable chaque année de plusieurs décès. Au moins trois autres personnes sont décédées cette année dans ces cabanes d’isolement.