Le président géorgien appelle à un cessez-le-feu, la diplomatie européenne se mobilise

GEORGIE Moscou parle d'un coup mortel porté à l'intégrité territoriale de la Russie...

D'après agence

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Le président géorgien Mikheïl Saakachvili a déclaré samedi que la Géorgie était «prête» à un cessez-le-feu si la «cesse de tirer et de bombarder». «Il est évident désormais qu'il devrait y avoir un cessez-le-feu, qu'il devrait y avoir un désengagement», a-t-il insisté sur CNN.

«Actuellement les civils, les femmes et les enfants sont en danger», a poursuivi Mikheïl Saakashvili, en réaffirmant que la petite république continuait à subir des bombardements russes et en accusant Moscou de «crimes de guerre». «La réalité, c'est que le petit pays qu'est la Géorgie est attaquée de façon brutale par son voisin russe», a ajouté le président géorgien.

La Russie soutient le gouvernement séparatiste d'Ossétie du Sud et a envoyé vendredi des chars et des troupes en réponse à la tentative du gouvernement de Tbilissi de reprendre le contrôle de cette république, indépendante de facto depuis la chute de l'URSS en 1991. Jeudi soir, la Géorgie avait proposé un cessez-le-feu avec les séparatistes ossètes après plusieurs jours d’escarmouches qui avaient fait près de 20 morts. Avant de rompre cette trêve vendredi matin par une attaque sur l’Ossétie.

«Ils (les Russes) nous combattent et nous bombardent partout dans le pays. Ils nous bombardent depuis l'ouest, l'est, le nord et le sud. Ils bombardent des cibles civiles», a affirmé le chef de l’Etat géorgien sur la télé américaine.

«Cela doit cesser immédiatement. Le monde doit s'unir. Il est temps que le monde réponde sans équivoque à cette violence, parle d'une seule voix pour condamner ces crimes de guerre», a-t-il encore ajouté. Et plaidé  pour une «médiation» internationale et «une protection de la population civile».

Le président géorgien s'exprimait au moment où le Conseil de sécurité de l'ONU s'accordait pour tenir une nouvelle réunion de ses 15 membres samedi afin de tenter de parvenir à une déclaration de compromis appelant toutes les parties à cesser le feu.

Quelques heures plus tard, l'Elysée a annoncé samedi une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne «au début de la semaine prochaine» pour tenter de régler le conflit entre la Russie et la Géorgie. Et a décidé d'envoyer dans la région Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française, «dès que possible».

Pour le Premier ministre russe Vladimir Poutine, «un coup mortel a été porté à l'intégrité territoriale de la Géorgie, un dommage considérable (a été provoqué) à sa souveraineté étatique : il est difficile de s'imaginer comment il sera possible après tout ce qui s'est passé (...) de convaincre l'Ossétie du Sud de faire partie de l'Etat géorgien».