Les Etats-Unis appellent les autres pays à rapatrier et à juger les djihadistes détenus en Syrie

TERRORISME Après s’être fermement opposé à l’éventualité de rapatrier les djihadistes français détenus en Syrie, le gouvernement serait désormais favorable à cette option

20 Minutes avec AFP

— 

Les ruines d'un village syrien après le départ des combattants de Daesh.
Les ruines d'un village syrien après le départ des combattants de Daesh. — Delil SOULEIMAN / AFP

La pression s’accentue sur les états qui s'opposaient jusque-là au rapatriement de leurs citoyens détenus en Syrie. Ce lundi, les Etats-Unis ont appelé ces pays à rapatrier et à juger chez eux leurs djihadistes détenus en Syrie, d’où Washington, jugeant Daesh « affaibli et en débandade », doit retirer ses troupes.

« Les Etats-Unis appellent les autres pays à rapatrier et à juger leurs ressortissants détenus par les Forces démocratiques syriennes (FDS) », soutenues par la coalition internationale dirigée par Washington, déclare dans un communiqué Robert Palladino, porte-parole du département d’Etat américain.

Daesh « affaibli et en débandade »

Saluant « les contributions » faites par les FDS « pour vaincre » le groupe djihadiste, aujourd’hui « affaibli et en débandade » selon lui, Robert Palladino rappelle que les forces arabo-kurdes ont fait prisonnier au cours de leur campagne de libération « des centaines de terroristes étrangers venus de douzaines de pays à travers le monde ».

« S’ingéniant à lutter avec discipline face à un ennemi brutal, les FDS ont fait preuve de leur engagement à détenir ces individus de façon sûre et humaine », ajoute-t-il, louant les « efforts continus des FDS pour renvoyer dans leurs pays d’origine ces terroristes étrangers ».

Une menace « importante »

« Malgré la libération des territoires occupés par Daesh, l’organisation reste une menace terroriste importante et une action collective est impérative afin de répondre à ce problème international de sécurité », dit encore le porte-parole du département d’Etat américain.

La décision surprise du président Donald Trump de retirer les quelque 2.000 soldats américains déployés en Syrie auprès des forces arabo-kurdes qui y combattent l’EI pose la question de ces djihadistes étrangers.

Un revirement récent en France

La France, frappée ces dernières années par des attentats parfois planifiés depuis la Syrie, est particulièrement concernée, avec environ 130 ressortissants français détenus par les Kurdes.

Elle était jusqu'ici opposée à leur retour pour s'épargner un casse-tête politique, sécuritaire, judiciaire et carcéral, préférant les voir jugés et emprisonnés sur place. Mais le départ des Américains ravive les craintes de les voir s’évanouir dans la nature et représenter à nouveau une menace.

Cette question épineuse devrait être discutée lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres de la coalition contre Daesh, mercredi à Washington, où les conséquences du départ américain de Syrie seront au cœur des débats.