Royaume-Uni: Une femme condamnée pour une excision sur sa fille de 3 ans

JUSTICE Depuis l’interdiction dans le pays de cette mutilation sexuelle féminine en 1985, personne n’avait été condamné pour ce que les autorités qualifient d'« infraction ignoble »

20 Minutes avec agences
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Old Bailey, la Cour criminelle de Londres
Old Bailey, la Cour criminelle de Londres — Thibaut Chevillard

La justice britannique a prononcé ce vendredi une condamnation pour excision pour la première fois de l’histoire du pays. La cour criminelle de l’Old Bailey, à Londres, a reconnu une Ougandaise de 37 ans coupable d’avoir pratiqué cette mutilation sexuelle sur sa fille de 3 ans. La mère de famille risque jusqu’à 14 ans de prison et connaîtra la durée de sa peine le 8 mars prochain.

« Les mutilations génitales féminines ont un impact physique et émotionnel effroyable sur les victimes, qui perdure généralement toute leur vie. […] Nous n’hésiterons pas à poursuivre ceux qui commettent cette infraction ignoble », a assuré Lynette Woodrow, du Crown Prosecution Service, le service chargé des poursuites au Royaume-Uni.

Trois blessures distinctes

En août 2017, la fillette avait été amenée à l’hôpital par ses parents, qui avaient justifié ses saignements en évoquant une chute sur le bord d’une porte de placard en métal. Mais les médecins n’avaient constaté aucune ecchymose compatible avec un tel accident. Trois blessures distinctes laissaient en revanche penser à une mutilation sexuelle au scalpel. Une perquisition réalisée au domicile de la mère à Londres a révélé que celle-ci pratiquait des rituels relevant de la sorcellerie.

Le père de la petite fille, âgé de 43 ans et d’origine ghanéenne, comparaissait lui aussi devant la justice. Il n’a pas été condamné. L’excision est illégale depuis 1985 au Royaume-Uni mais personne n’y avait encore été reconnu coupable de cette mutilation des petites lèvres et du clitoris.