VIDEO. Venezuela: Un bras de fer entre Maduro et l'opposition se joue dans la rue pour les 20 ans de la révolution

VENEZUELA Une quarantaine de personnes ont été tuées et plus de 850 arrêtées depuis le début des mobilisations le 21 janvier

M.C. avec AFP

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L'opposant vénézuélien Juan Guaido s'adresse à une foule de plusieurs milliers de personnes à Caracas, le 2 février 2019.
L'opposant vénézuélien Juan Guaido s'adresse à une foule de plusieurs milliers de personnes à Caracas, le 2 février 2019. — Donaldo BARROS / AFP
  • Des dizaines de milliers de manifestants sont descendus samedi dans les rues de Caracas.
  • Ils réclamaient le départ de Nicolas Maduro ou au contraire célébraient le 20e anniversaire de la révolution bolivarienne.
  • Le chef de l’opposition Juan Guaido a annoncé l’arrivée dans les prochains jours d’une aide humanitaire.
  • Celle-ci ne peut pas être acheminée sans l’accord des autorités et de l’armée.

« Nous allons continuer dans la rue jusqu’à ce que nous soyons libres, jusqu’à la fin de l’usurpation », a lancé Juan Guaido à la foule samedi. L’opposant vénézuélien, autoproclamé « président », a annoncé que le mois de février serait « déterminant » pour chasser du pouvoir le chef de l’Etat Nicolas Maduro, qui a menacé en réponse d’avancer les élections législatives pour renouveler le Parlement contrôlé par ses adversaires.

Des dizaines de milliers de manifestants sont descendus samedi dans les rues de Caracas, les uns pour exiger le départ de Nicolas Maduro, les autres pour célébrer le 20e anniversaire de la révolution bolivarienne et réaffirmer leur soutien au dirigeant socialiste. Des deux côtés, les rues et avenues étaient noires de monde. Aucun chiffre fiable ne circule généralement après les manifestations au Venezuela.

 

Une autre mobilisation prévue pour la distribution de l’aide humanitaire

Depuis une estrade devant la représentation de l’Union européenne à Caracas, dans le quartier de Las Mercedes, le chef de l’opposition a annoncé l’arrivée dans les prochains jours d’une aide humanitaire destinée au pays à la frontière colombienne, au Brésil et sur une « île des Caraïbes », en demandant à l’armée de la laisser entrer.

Anticipant un mois de février « qui doit être déterminant », il a appelé ses partisans à ne pas relâcher la pression, lors d’une nouvelle manifestation le 12 février, Jour de la jeunesse au Venezuela. Une autre mobilisation, liée à la distribution de l’aide humanitaire, est prévue dans les prochains jours, a-t-il lancé, sans plus de précision.

L'opposant vénézuélien Juan Guaido s'adresse à une foule de plusieurs milliers de personnes à Caracas, le 2 février 2019.
L'opposant vénézuélien Juan Guaido s'adresse à une foule de plusieurs milliers de personnes à Caracas, le 2 février 2019. - Donaldo BARROS / AFP

 

Une quarantaine de personnes tuées depuis le 21 janvier

Sur son compte Twitter, le président colombien Ivan Duque a annoncé l’ouverture dans son pays de trois centres de collecte d’aide humanitaire, dont des médicaments et des aliments, pour « la nation sœur » du Venezuela.

« Nous n’avons pas été et ne serons pas un pays de mendiants », a rétorqué Nicolas Maduro. En revanche, « il y a en a certains qui se sentent mendiants de l’impérialisme et vendent leur patrie pour 20 millions de dollars », a-t-il poursuivi en référence au montant de l’aide humanitaire promise par les Etats-Unis à Juan Guaido, mais qui ne peut pas être acheminée sans l’accord des autorités et de l’armée.

La tension monte à chaque appel à manifester au Venezuela. Une quarantaine de personnes ont été tuées et plus de 850 arrêtées selon l’ONU depuis le début des mobilisations le 21 janvier.