VIDEO. Cour pénale internationale: Laurent Gbagbo est libéré sous conditions

DEFENSE L'ex-président de Côte d'Ivoire a récemment été acquitté par la Cour pénale internationale de crimes contre l'humanité

20 Minutes avec AFP

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Laurent Gbagbo, le 1er février 2019 devant la Cour pénale internationale à La Haye.
Laurent Gbagbo, le 1er février 2019 devant la Cour pénale internationale à La Haye. — Peter Dejong/AP/SIPA

Des scènes de liesse ont accueilli cette décision devant le bâtiment de la Cour pénale internationale (CPI) à La Hague. Les supporters de Laurent Gbagbo ont salué la décision de l’institution de libérer sous conditions l’ancien président ivoirien ce vendredi. Soupçonné de crimes contre l’humanité commis entre 2010 et 2011 lors de violences post-électorales en Côte d’Ivoire, il avait été acquitté il y a deux semaines à la surprise générale.

« L Chambre d’appel a décidé à l’unanimité l’ajout d’un ensemble de conditions qui assortissent la mise en liberté » de Laurent Gbagbo, a déclaré le juge président de la CPI, Chile Eboe-Osuji. L’ex-chef de l’Etat doit résider dans un Etat membre de la CPI en attendant un éventuel procès en appel.

Un retour en Côte d’Ivoire peu probable

Dans leur décision, dernier épisode en date d’un feuilleton judiciaire qui tient en haleine la Côte d’Ivoire, les juges n’ont pas précisé le pays qui accueillerait Laurent Gbagbo, ni si un retour de l’ancien président dans son pays était envisageable.

La Côte d’Ivoire est bien un des Etats membres de la Cour. Toutefois, ce pays a refusé de remettre à la CPI Simone Gbagbo, épouse de l’ancien président, malgré un mandat d’arrêt délivré en ce sens. La Cour, qui siège à La Haye, pourrait donc refuser le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire dans l’attente d’un éventuel procès en appel.

Une procédure d’appel qui devrait durer des mois

En détention depuis plus de sept ans, Laurent Gbagbo était jugé pour des crimes commis pendant la crise de 2010-2011, née de son refus de céder le pouvoir à son rival, l’actuel président ivoirien Alassane Ouattara. Les violences avaient fait plus de 3.000 morts en cinq mois.

Laurent Gbagbo a été acquitté le 15 janvier en première instance. Depuis ce retentissant acquittement, son maintien en détention était au cœur des débats devant la CPI, la défense ayant demandé une mise en liberté immédiate et inconditionnelle dès l’acquittement prononcé.

L’accusation a déjà annoncé son intention de faire appel de l’acquittement. Cette démarche pourrait prendre des mois. Cette procédure intervient à une période sensible en Côte d’Ivoire, à l’approche de l’élection présidentielle de 2020, alors qu’Alassane Ouattara n’a pas encore dévoilé ses intentions.