Pays-Bas: Une messe de 96 jours permet à une famille arménienne d’éviter l’expulsion

SOLIDARITE Près de 650 pasteurs se sont relayés dans une église de La Haye pour empêcher la police d’intervenir

20 Minutes avec agences

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Hayarpi Tamrazyan (à droit) et sa famille avaient trouvé refuge dans une église de La Haye pour échapper à l'expulsion.
Hayarpi Tamrazyan (à droit) et sa famille avaient trouvé refuge dans une église de La Haye pour échapper à l'expulsion. — Peter Dejong/AP/SIPA

La messe aura duré plus de trois mois. Une église néerlandaise a annoncé ce mercredi qu’elle mettait fin à son marathon religieux pour empêcher l'expulsion d'une famille arménienne. Elle a enfin obtenu un accord politique permettant à ses réfugiés de rester. Elle avait lancé cette opération le 26 octobre dernier car, aux Pays-Bas, la police n’a pas le droit de pénétrer dans un lieu de culte pendant un office religieux.

Près de 650 pasteurs se sont relayés

La famille Tamrazyan, dont la demande d’asile avait été refusée, s’est réfugiée dans la petite église protestante Bethel à La Haye, afin d’éviter son expulsion vers l'Arménie​. Près de 650 pasteurs de tout le pays, mais aussi de France, d’Allemagne et de Belgique, ont depuis décidé de lui venir en aide en organisant des messes sans discontinuer dans la petite église.

L’annonce du lieu de culte intervient au lendemain d’un accord conclu par le gouvernement néerlandais permettant la réévaluation des demandes d’asile refusées d’environ 700 enfants ayant grandi aux Pays-Bas. « L’accord politique conclu mardi offre à la famille arménienne Tamrazyan une perspective d’avenir sûr aux Pays-Bas », s’est réjoui dans un communiqué le président du conseil général de l’Eglise protestante de La Haye, Theo Hettema. « Nous avons gardé espoir pendant des mois et maintenant, cet espoir se concrétise », a-t-il ajouté.

Aux Pays-bas depuis neuf ans

Les parents de la famille Tamrazyan, accompagnés de leurs trois enfants, étaient arrivés aux Pays-Bas il y a neuf ans, après avoir quitté l’Arménie suite à des menaces de mort visant le père de famille en raison de ses activités politiques. Hayarpi Tamrazyan, l’aînée de la famille âgée de 21 ans, a exprimé son soulagement lors d’une conférence de presse, qui était précédée d’une dernière cérémonie à l’église Bethel. La jeune fille espère que l’accord lui permettra « d’avancer dans sa vie et ses études ».

Elle a cependant précisé ne pas connaître de manière officielle l’avenir réservé à sa famille : « L’accord dit "nous allons réévaluer les dossiers". Donc nous ne savons pas encore officiellement si nous pouvons rester puisque le dossier doit encore être jugé. »