Indonésie: Un jeune couple flagellé devant une centaine de personnes après s’être embrassé en public

FAITS DIVERS Le couple a reçu 17 coups de canne souple en rotin après avoir été emprisonné plusieurs mois

20 Minutes avec agences

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Une femme se fait flageller en public, le 20 avril 2018, à Banda Aceh en Indonésie.
Une femme se fait flageller en public, le 20 avril 2018, à Banda Aceh en Indonésie. — Heri Juanda/AP/SIPA

Une femme et un homme âgés de 18 ans ont été flagellés ce jeudi pour s’être embrassés en public, dans la province indonésienne d’Aceh (nord-ouest) à la pointe de l’île de Sumatra (Indonésie). Ils ont reçu chacun 17 coups de canne souple en rotin, sous l’œil de centaines de spectateurs devant une mosquée de Banda Aceh, la capitale de la province.

Une province qui applique la charia

S’embrasser en public est un acte interdit par la loi musulmane qui prévaut dans cette province conservatrice, la seule en Indonésie à appliquer la charia. Ainsi, plusieurs comportements considérés comme criminels sont punis de flagellation, comme la consommation d’alcool, les relations homosexuelles ou les relations sexuelles hors mariage.

Un homme âgé de 35 ans a également été flagellé pour avoir eu des relations sexuelles avec une quadragénaire dans une épicerie locale. Les deux couples ont été emprisonnés plusieurs mois avant de subir ce châtiment.

Une charia « très tolérante et humaine »

La quadragénaire avait demandé à être également flagellée jeudi, apparemment dans l’espoir d’être libérée, mais une équipe médicale a repoussé la punition après avoir estimé son état physique inapproprié. « Les gens extérieurs à Aceh qui trouve la charia cruelle peuvent constater qu’en réalité elle est très tolérante et humaine », a affirmé aux journalistes l’adjoint au maire de Banda Aceh, Zainal Arifin.

Les défenseurs des droits de l’homme, eux, condamnent la flagellation. Ils appellent le président indonésien Joko Widodo à y mettre un terme. Mais cette pratique est largement soutenue par la population de la province d’Aceh dont les cinq millions d’habitants sont à 98 % musulmans.