Zone euro: L’Italie est officiellement entrée en récession fin 2018

CROISSANCE L’Italie, dont le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,2 % au 4e trimestre, après -0,1 % au précédent, est le seul pays de la zone euro dans cette situation

20 Minutes avec AFP

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Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, est reparti satisfait de Bruxelles.
Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, est reparti satisfait de Bruxelles. — ARIS OIKONOMOU / AFP

Une situation qui va compliquer encore plus l’équation budgétaire de la coalition populiste au pouvoir. Affectée par le ralentissement de l’économie européenne et les tensions commerciales au niveau mondial, l'Italie est entrée en récession fin 2018.

L’Italie, dont le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,2 % au 4e trimestre, après -0,1 % au précédent, est le seul pays de la zone euro dans cette situation. L'Allemagne, de son côté, y a échappé de justesse. Deuxième pays manufacturier d’Europe, l’Italie a déjà connu une dure récession en 2012-2013. Depuis 2014, il n’avait retrouvé qu’une croissance exsangue.

Pas de loi budgétaire rectificative, a annoncé le gouvernement

« La réponse du gouvernement ne peut qu’être d’accélérer le programme d’investissements publics et les autres mesures contenues dans le budget 2019 », a réagi le ministre des Finances, Giovanni Tria, dans un communiqué. Le Premier ministre, Giuseppe Conte, a, quant à lui, écarté toute idée de loi budgétaire rectificative, affirmant que la mise en œuvre du budget, qui prévoit des mesures de soutien à la consommation et aux investissements, relancerait la croissance.

La baisse survenue au troisième trimestre intervenait après 14 trimestres consécutifs de petite hausse. Sur l’ensemble de 2018, la croissance atteint 0,8 %. Celle-ci est affectée par le ralentissement de l’économie européenne (+1,8 % l’an passé), les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, mais aussi par la prudence des entreprises italiennes qui investissent moins, inquiètes à la fois de l’évolution mondiale et de la politique engagée par la coalition populiste au pouvoir depuis juin​.

Bras de fer avec la Commission européenne

Celle-ci, formée de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (antisystème), voit sa tâche se compliquer dans ce climat morose, après avoir affolé les marchés entre mai et décembre en raison de son budget expansionniste et de son bras de fer à ce sujet avec la Commission européenne. Après de vives discussions, Rome a finalement accepté de ramener son déficit public pour 2019 à 2,04 % du PIB ( contre 2,4% proposé initialement), chiffre qui reste loin des 0,8 % prévu par le précédent gouvernement de centre gauche.

Mais il base ce budget sur une croissance de 1 %, une prévision jugée très optimiste par les experts et institutions internationales. Or si la croissance est moindre, le déficit risque de se creuser davantage. La Banque centrale italienne et le Fonds monétaire international (FMI) prévoient une hausse du PIB de 0,6 % en 2019, tandis que l’agence de notation Standard & Poor’s table sur 0,7 % et Oxford Economics sur 0,3 %.

Le chômage en baisse, mais au-dessus de la moyenne européenne

Les données publiées jeudi corroborent le sentiment diffus dans le pays depuis plusieurs mois. L’indice de confiance des entreprises, en recul depuis juillet, a atteint en janvier son plus bas niveau depuis deux ans et demi. « Il faut réagir face au ralentissement de l’économie mondiale et de l’Allemagne. Il était évident qu’il y aurait un ralentissement également en Italie étant donné que notre pays a une forte vocation à l’export », a déclaré Vincenzo Boccia, président de la Confindustria, le patronat italien.

Dans cette ambiance morose, une bonne nouvelle est néanmoins arrivée jeudi : le taux de chômage a baissé de 0,2 point en décembre, atteignant 10,3 %. Il reste néanmoins toujours très au-dessus de la moyenne de la zone euro (7,9%). Chez les jeunes, il a même encore progressé de 0,1 point, à 31,9 %, soit près du double du taux européen.