Thaïlande: Arrêté l'année dernière, le cerveau présumé d'un trafic d'animaux relaxé «au bénéfice du doute»

TRAFIC Arrêté début 2018, Boonchai Bach contrôlait une importante chaîne d’approvisionnement depuis l’Afrique vers le Laos, le Vietnam et la Chine, selon l’ONG Freeland…

20 Minutes avec agences

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Boonchai Bach avait été arrêté début 2018 en Thaïlande.
Boonchai Bach avait été arrêté début 2018 en Thaïlande. — Tassanee Vejpongsa/AP/SIPA

Il était accusé d’avoir organisé un trafic entre l’Afrique et la Thaïlande de 14 cornes de rhinocéros d’une valeur d’environ un million de dollars. Boonchai Bach, un Vietnamo-thaïlandais cerveau présumé d’un important trafic d’animaux sauvages en Asie, a été relaxé ce mardi « au bénéfice du doute ».

« Il n’est donc pas nécessaire d’auditionner des témoins », a ainsi indiqué une porte-parole du tribunal de la province de Samut Prakan, au sud de la capitale thaïlandaise Bangkok.

A la tête d’une importante chaîne d’approvisionnement

L’homme avait été arrêté début 2018 dans le nord-est du pays. Selon Freeland, ONG qui lutte contre le trafic, il contrôlait une très importante chaîne d’approvisionnement depuis l’Asie et l’Afrique vers le Laos, le Vietnam et la Chine. Ces deux derniers pays font partie des principaux débouchés pour le commerce illégal d’espèces menacées ou protégées.

Peu après l’arrestation de Boonchai Bach, la police avait indiqué que le suspect avait « admis son implication » dans le trafic. Freeland avait ensuite fourni de nombreux documents, destinés à enrichir l’accusation.

« Le seul témoin à charge a modifié son témoignage »

« Apparemment, aucune autre preuve majeure contre Boonchai n’a été réunie. Et le seul témoin à charge a modifié son témoignage lors de sa comparution devant le tribunal », a déploré Steven Galster, fondateur de Freeland, sur sa page Facebook. Il s’agit de « l’un des plus gros trafiquants à avoir été interpellé, mais à la fin l’affaire a été traitée, en toute discrétion, comme s’il s’agissait d’une infraction de stationnement », a-t-il ajouté.

La junte militaire au pouvoir en Thaïlande depuis 2014 s’est engagée à réprimer sévèrement le commerce illégal d’espèces sauvages. Mais les associations écologistes estiment que les mesures prises sont insuffisantes.