Brexit: Après la demande de Theresa May, l’Union européenne refuse de renégocier l’accord de retrait

INTRANSIGEANCE Mardi soir, Theresa May a reçu un nouveau mandat de son parlement pour rouvrir les négociations sur l’accord de retrait…

20 Minutes avec AFP

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Jean-Claude Juncker et Theresa May devant Downing Street, à Londres, le 26 avril 2017.
Jean-Claude Juncker et Theresa May devant Downing Street, à Londres, le 26 avril 2017. — Justin TALLIS / AFP

La réponse est non. L’Union européenne a refusé la demande de Theresa May de rouvrir les négociations sur l’accord du Brexit, s’alarmant des risques d’un « retrait désordonné » à deux mois de l’échéance.

« L’accord de retrait reste le meilleur et le seul accord possible (…) L’accord de retrait ne sera pas renégocié », a déclaré, ce mercredi, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Mardi soir, Theresa May a reçu un nouveau mandat de son parlement, après le vote d’un amendement déposé par le conservateur Graham Brady demandant à trouver des « arrangements alternatifs » aux dispositions relatives au backstop (filet de sécurité), dispositif controversé qui vise à éviter le rétablissement d’une frontière physique entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande

« Je serai aussi extrêmement clair sur la position de l’UE »

Mais pour le chef de l’exécutif européen, ce vote « a accru le risque d’un retrait désordonné » du Royaume-Uni de l’Union européenne, et n’a pas apporté plus de clarté dans le débat. Jean-Claude Juncker a assuré qu’il restait « en contact proche » avec Theresa May. « J’écouterai ses idées, mais je serai aussi extrêmement clair sur la position de l’UE », a-t-il promis aux eurodéputés.

A ses côtés, le négociateur en chef des 27 Michel Barnier s’est lancé dans une défense musclée de la solution du backstop, qui ne doit s’appliquer que si aucune autre solution n’est trouvée à la suite de négociations sur la future relation entre les deux parties à l’issue du Brexit. « Ce n’est pas du dogmatisme, c’est une solution réaliste », a-t-il plaidé. « Aujourd’hui, franchement, personne - ni d’un côté, ni de l’autre - ne serait en mesure de dire quels seraient ces arrangements alternatifs » pour qu’ils soient opérationnels, a déploré Michel Barnier.

« Nous allons devoir faire des changements à cet accord pour gagner le soutien du parlement »

« Les faits sont clairs : l’UE dit qu’elle veut que le Royaume-Uni parte avec un accord, nous voulons partir avec un accord. L’accord que nous avons trouvé avec l’UE a été rejeté par 230 votes. Si nous voulons parvenir à ce qui est dans le meilleur intérêt du Royaume-Uni et de l’UE, nous allons devoir faire des changements à cet accord pour gagner le soutien du parlement », a expliqué un porte-parole de Downing Street. Le gouvernement avait décidé, peu avant le vote, de soutenir cet amendement.

Un revirement de taille pour Theresa May, qui a donné son feu vert à l’UE et proclamait que son « traité de retrait », âprement négocié pendant 17 mois mais rejeté il y a deux semaines par l’écrasante majorité des députés britanniques, était « le seul possible ». « C’est une situation extraordinaire, quand un Premier ministre et un gouvernement négocient un accord et ensuite retournent chez eux et pendant la procédure de ratification votent contre leur propre accord », a regretté le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney au micro de la radio RTE.