Enquête russe: Cinq anecdotes sur Roger Stone, ex-conseiller de Trump et roi des coups bas politiques

PORTRAIT L’exubérant consultant, qui a été inculpé pour avoir menti sur ses interactions avec WikiLeaks, a plaidé non coupable, mardi...

Philippe Berry

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L'ex-conseiller de Donald Trump, Roger Stone, dans le documentaire «Get me Roger Stone».
L'ex-conseiller de Donald Trump, Roger Stone, dans le documentaire «Get me Roger Stone». — NETFLIX

Comme à son habitude, Roger Stone a fait le V de la victoire face à ses supporters. Inculpé pour avoir menti sur ses contacts avec WikiLeaks à propos des emails piratés d’Hillary Clinton pendant la campagne, l’ex-conseiller et vieil ami de Donald Trump a plaidé non coupable, mardi. Arrêté par le FBI à l'aube vendredi, il a été libéré sous caution. Des campagnes de Nixon jusqu’à celle de Trump, le roi autoproclamé des « coups bas » politiques, âgé de 66 ans, a souvent flirté avec la ligne jaune, et il en est fier. Il le jure dans le documentaire Get Me Roger Stone (disponible sur Netflix) : « Je préfère l’infamie à l’anonymat. »

1. Il a un tatouage de Nixon dans le dos

Roger Stone dévoile son tatouage de Richard Nixon dans le documentaire «Get me Roger Stone».
Roger Stone dévoile son tatouage de Richard Nixon dans le documentaire «Get me Roger Stone». - NETFLIX

Avec ses costumes flamboyants et ses implants capilaires, Roger Stone cultive une image digne d’un méchant de James Bond. Il s’est surtout fait tatouer le visage de Richard Nixon au milieu de son dos bodybuildé. A 20 ans, Stone abandonne ses études pour travailler sur la campagne de réélection du républicain – et son nom apparaît même dans la commission d’enquête sur le Watergate. Un jour, sa mère lui a lancé : « Tu n’es pas catholique. Le parti républicain est ta religion et ton Dieu est Richard Nixon. »

2. Il a compris le « pouvoir de la désinformation » à l’école primaire

Roger Stone a inventé les Fake News avant que le terme n’existe. Avant de vénérer Nixon, il préfère JFK « pour ses cheveux ». Lors d’une simulation de l’élection de 1960 dans son école primaire, il dit à tous les autres enfants à la cantine que Richard Nixon compte rendre l’école obligatoire le samedi. JFK l’emporte dans un raz-de-marée.

3. Il est le maître autoproclamé des coups bas

Il se surnomme lui-même le « dirty trickster », le roi des « coups bas » qui trempe dans les « arts occultes ». Il est « prêt à tout pour gagner tant que ce n’est pas illégal ». Roger Stone a fait ses gammes sous les ordres de Nixon, en faisant passer l’un de ses opposants pour un sympathisant socialiste avec une donation faite en son nom. Pour Reagan, il a transformé le marketing politique avec des spots de campagne anxiogènes financés par des comités d’action politique. Sa philosophie : « La haine et la peur sont plus efficaces que l’amour. » Pendant la campagne de Donald Trump, il a enfilé un t-shirt à l’effigie de Bill Clinton avec la mention « violeur » et il a propagé des Fake news aux côtés du conspirationniste Alex Jones.

4. Il voulait que Trump soit candidat depuis 1987

Stone et Trump se rencontrent au début des années 80 à New York. Le lobbyiste aide notamment le magnat de l’immobilier à se sortir de problèmes légaux au sujet de son yacht. Roger Stone tente ensuite de le convaincre de se lancer dans la course à la Maison Blanche en 1987 puis en 2000. « J’étais un cavalier à la recherche d’un cheval », confie-t-il dans le documentaire. Selon lui, l’émission The Apprentice a été le tremplin parfait pour Trump : « La politique, c’est le show-business pour les gens moches. Vous pensez que l’électeur moyen fait la différence entre la politique et le divertissement ? » Il participe au lancement de la campagne du candidat en 2015 avant d’être rapidement écarté. Mais il continue d’échanger régulièrement avec Trump, et c’est notamment lui qui recommande son ex-associé Paul Manafort comme directeur de campagne au printemps 2016.

5.Il a menacé un chien

Les ennuis de Roger Stone ont commencé quand son intermédiaire avec WikiLeaks, Randy Credico, a commencé à passer à table sous la pression du procureur Robert Mueller. Selon l’acte d’accusation, Stone lui a alors envoyé cet email : « Tu es un rat, un traître, tu poignardes tes amis dans le dos. Prépare-toi à mourir. » Il a également menacé de kidnapper le chien de Credico. Aux dernières nouvelles, l’animal se porte bien.