Retrait américain de Syrie: Quelque 130 djihadistes français bientôt rapatriés pour être jugés?

RETOUR Peut-on vraiment parler de volte-face pour le gouvernement français ?...

L.Gam.

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Un combattant peshmerga, près de Mossoul, le 29 mai 2016.
Un combattant peshmerga, près de Mossoul, le 29 mai 2016. — SAFIN HAMED / AFP

« Ce sont des Français avant d’être des djihadistes. » En prononçant ces mots ce mardi matin sur BFMTV, Christophe Castaner a ouvert un nouveau front. Alors qu’« il y a un an, Benjamin Griveaux disait que les Kurdes présentaient toutes les conditions pour les juger sur place. Mais comment peut-on mentir à ce point ? ! », confie à 20 Minutes une source proche du dossier.

Le ministre de l’Intérieur, dont notre source nous confirme les propos, envisage donc de finalement juger quelque 130 djihadistes français, détenus en Syrie et qui devraient être libérés sous peu à la suite de l’annonce du retrait des troupes américaines.

« Les Kurdes n’ont jamais présenté les conditions nécessaires »

« Des Français avant d’être des djihadistes. Certains sont déjà revenus, nous les mettons en prison, nous les connaissons. Ceux qui reviendront, s’ils devaient revenir, seront mis en prison », a assuré Christophe Castaner. « Ce n’est pas une question d’être acceptés (en France). S’ils viennent en France, ils seront incarcérés », a ajouté le ministre.

« Les Kurdes n’ont jamais présenté les conditions nécessaires. Avec le retrait des Américains, les Kurdes vont se faire massacrer par les Turcs. Si on ne rapatrie pas les Français, ils vont s’évaporer dans la nature et nous revenir en pleine gueule », explique notre source. Est-ce à dire que jamais le gouvernement français n’a envisagé de laisser le soin aux Kurdes d’assurer la justice sur leur territoire ?

Quelle décision pour Paris ?

Et quid de ces djihadistes ? Des femmes ? Des enfants ? Toujours d’après notre source, « il y a environ 40 hommes, dont Thomas Barnouin », arrêté en Syrie en 2017.

Confronté à une opinion publique marquée par les attentats djihadistes, Paris marche sur des œufs sur le dossier d’un éventuel rapatriement des Français partis dans les zones de combat en Irak ou en Syrie. Jusqu’à présent, les autorités étaient favorables à ce que les ressortissants français adultes soient jugés sur place à condition d’y bénéficier d’un « procès équitable ». S’agissant des enfants, Paris a récemment fait un pas vers leur éventuel rapatriement au nom de leur « intérêt supérieur ».