Les Etats-Unis inculpent Huawei de vol de technologies et violation de sanctions

DIPLOMATIE Au total, le géant chinois de la téléphonie est visé par 13 chefs d'inculpation...  

20 Minutes avec AFP

— 

Une photo de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, affichée dans une boutique de l'entreprise en Chine.
Une photo de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, affichée dans une boutique de l'entreprise en Chine. — Ng Han Guan/AP/SIPA

Voilà qui ne va pas arranger la relation entre Pékin et Washington. Les Etats-Unis ont annoncé lundi une longue série de chefs d’inculpation à l’encontre de la dirigeante de Huawei au cœur d’un bras de fer diplomatico-judiciaire mais aussi du géant chinois des télécoms lui-même, dans deux affaires qui risquent d’envenimer les tensions entre Washington et Pékin.

Le ministère américain de la Justice a ainsi dévoilé 13 chefs d’inculpation, liés à des violations des sanctions américaines contre l’Iran, à l’encontre du groupe chinois et de sa directrice financière Meng Wanzhou, arrêtée au Canada à la demande des enquêteurs américains.

Parallèlement, il a inculpé deux filiales de Huawei, notamment d’association de malfaiteurs en vue de voler des secrets industriels, en l’occurrence des technologies cellulaires au détriment de l’américain T-Mobile. En tout, ces deux filiales, Huawei Device Co., Ltd. et Huawei Device Co. USA, sont visées par dix chefs d’inculpation.

« Actions éhontées »

« Ces deux séries d’inculpations mettent au jour les actions éhontées et persistantes de Huawei pour exploiter les sociétés et institutions financières américaines et pour menacer la concurrence mondiale libre et équitable », a déclaré le directeur du FBI Christopher Wray.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a réagi mardi avec colère, dénonçant des « manipulations politiques ». Pékin reproche régulièrement à Washington de vouloir enrayer à tout prix le développement de ses fleurons technologiques. Dans un communiqué transmis à l’AFP, Huawei a démenti « qu’il, ou une de ses filiales ou sociétés affiliées, ait commis les violations supposées de la loi américaine énoncées dans chacun des actes d’accusation ».

La compagnie « n’a pas connaissance d’actes répréhensibles de la part de Mme Meng et est persuadée que les tribunaux américains aboutiront à la même conclusion », a-t-elle indiqué.

Arrestation de plusieurs ressortissants canadiens en Chine

L’arrestation début décembre à Vancouver de Meng Wanzhou a déjà provoqué des remous entre les Etats-Unis et le Canada d’une part, et la Chine de l’autre, avec l’arrestation de plusieurs ressortissants canadiens en Chine.

En liberté surveillée, la dirigeante de Huawei doit bientôt comparaître devant un juge canadien dans le cadre de la procédure d’extradition lancée par les États-Unis. Washington a confirmé qu’une demande formelle d’extradition serait présentée avant la date butoir du 30 janvier.