Brexit: Les députés britanniques veulent changer le cours des négociations

DEPART Après avoir présenté des amendements, les députés britanniques vont devoir voter pour ceux qu’ils estiment à même de régler la sortie de l’Union européenne…

20 Minutes avec AFP

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Theresa May, le 27 janvier 2019 à Londres.
Theresa May, le 27 janvier 2019 à Londres. — Adrian DENNIS / AFP

Au Royaume-Uni, les députés s’affrontent à coups d’amendements. Les députés britanniques vont devoir voter plusieurs de ces propositions mardi pour tenter de trouver une issue au Brexit. Ils vont ainsi pouvoir reprendre la main vis-à-vis de l’exécutif, après avoir rejeté l'accord de sortie conclu par le gouvernement avec Bruxelles.

Où en est le Brexit ?

La chambre des Communes a massivement rejeté le 15 janvier l’accord de sortie de l’Union européenne négocié pendant des mois par la Première ministre Theresa May avec l’Union européenne, ouvrant la possibilité d’un divorce sans accord (« no deal ») qui effraie les milieux économiques et une partie de la classe politique.

Après ce rejet, Theresa May n’a pas produit de plan alternatif, contrairement à ce que réclamaient les parlementaires. Les députés ont donc rédigé des amendements pour exprimer leurs attentes et tenter d’infléchir la suite du processus.

Ces amendements, débattus et votés mardi, visent principalement à réclamer une renégociation du traité de retrait, à empêcher un Brexit sans accord, à retarder le divorce, ou encore à obtenir l’organisation d’un second référendum.

Que proposent les députés britanniques ?

Certains cherchent à empêcher une sortie sans accord. C’est le sens d’un amendement déposé par la conservatrice Caroline Spelman, avec le soutien de plus de 120 députés. Un autre amendement, défendu par le leader travailliste Jeremy Corbyn, écarte un « no deal » en réclamant un vote à la Chambre des communes pour choisir entre deux options : soit un accord remanié incluant une union douanière avec l’UE et une « relation solide » avec le marché unique, soit l’organisation d’un second référendum.

Le conservateur Dominic Grieve a déposé un amendement visant à permettre aux députés de reprendre partiellement le contrôle de l’agenda parlementaire. L’exécutif devrait alors accorder six jours aux députés, en février et mars, pour débattre et voter sur différentes options, non explicitées dans l’amendement.

Plusieurs amendements réclament de supprimer la disposition très controversée du « filet de sécurité » (« backstop » en anglais), du traité de retrait, qui vise à éviter le retour d’une frontière physique en Irlande. Les députés conservateurs Andrew Murrison et John Baron ont déposé, à eux deux, cinq amendements pour mettre fin, de différente manière, à ce dispositif.

Les députés auront-ils le dernier mot ?

Les amendements déposés ne seront pas tous soumis au vote : c’est le président de la Chambre des communes, John Bercow, qui sélectionnera ceux qui seront proposés mardi. Aucun de ces amendements n’est immédiatement contraignant pour l’exécutif. Néanmoins, il serait politiquement risqué pour Theresa May d’ignorer les vœux exprimés par une majorité de députés.

La Première ministre fait également face à une pression croissante de la part de députés de sa majorité, et même de certains membres de son gouvernement, qui souhaitent exclure l’option d’un divorce sans accord. Les ignorer et tenter de leur imposer des consignes de vote risquerait de provoquer une série de démissions.