Barrage au Brésil: Le bilan monte à 58 morts, risque d’une nouvelle rupture

CATASTROPHE La compagnie minière Vale a actionné les alarmes après avoir « détecté une hausse des niveaux de l’eau dans le barrage VI », structure qui fait partie de la mine dont le barrage I s’est rompu…

C. Ape. avec AFP
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Au Brésil, la rupture d'un barrage minier a fait au moins 37 morts et 300 disparus
Au Brésil, la rupture d'un barrage minier a fait au moins 37 morts et 300 disparus — MAURO PIMENTEL / AFP

Le bilan des personnes décédées après la rupture d’un barrage à Brumadinho, dans le sud-est du Brésil, est monté à 58 et quelque 305 personnes étaient portées disparues, a indiqué dimanche soir la défense civile brésilienne.

Il y a « 305 personnes portées disparues, leur nombre a augmenté » et « 58 décédées », a déclaré à la presse le lieutenant-colonel Flavio Godinho, porte-parole de la défense civile de l’Etat de Minas Gerais, en ajoutant que ce bilan devrait encore s’alourdir après la découverte d’un bus avec des corps à l’intérieur.

Evacuation d’urgence

La compagnie minière Vale a indiqué dans un communiqué avoir actionné les alarmes après avoir « détecté une hausse des niveaux de l’eau dans le barrage VI », structure qui fait partie de la mine Corrego do Feijao, dont le barrage I s’est rompu vendredi. L’entreprise a souligné que le barrage VI « ne contient pas de déchets miniers », mais environ 3 à 4 millions de mètres cubes d’eau.

Samedi, les secouristes ont retrouvé un autocar destiné aux salariés totalement englouti, avec plusieurs corps sans vie à l’intérieur, qui n’ont pas pu être extraits et n’ont pas encore été comptabilisés officiellement.

« 10 % des barrages n’ont pas leur stabilité assurée »

Le président Jair Bolsonaro, qui a survolé la zone samedi, a annoncé dimanche sur Twitter qu’une délégation de l’armée israélienne devait arriver sur place dans la journée pour porter main forte aux autorités locales, avec 140 hommes et 16 tonnes de matériel. Un porte-parole des pompiers a expliqué qu’ils apporteraient des appareils munis de sonars capables de localiser des corps à grande profondeur, qui seront utilisés à partir de lundi.

Pour Luiz Jardim Wanderley, spécialiste des mines à l’Université de l’Etat de Rio de Janeiro, d’autres catastrophes de ce type pourraient avoir lieu à l’avenir. « C’est tout à fait possible que cela se reproduise. (…) Environ 10 % des barrages n’ont pas leur stabilité assurée, ou il manque des informations sur leur état réel. Il reste un nombre assez élevé de barrages qui continuent à opérer sans les conditions de sécurité appropriées au Minas Gerais », a-t-il expliqué.

2,6 milliards d’euros bloqués sur les comptes de Vale

Après le drame, la justice brésilienne a bloqué 11 milliards de réais (2,6 milliards d’euros) sur les comptes du géant minier brésilien Vale à titre de réparations pour la rupture du barrage. Le parquet de l’Etat de Minas Gerais (sud-est), a indiqué ce dimanche avoir bloqué 5 milliards de réais samedi soir, destinés spécialement à l’indemnisation des victimes.

Un autre gel de 5 milliards de réais, a également été ordonné samedi, à titre de réparations pour les dégâts environnementaux causés par l’écoulement d’un torrent de boue de déchets miniers. Vendredi, au soir de la tragédie, la justice avait déjà bloqué 1 milliard de réais, sans préciser la destination des fonds.

Le Parquet a par ailleurs demandé que Vale assure l’hébergement dans des hôtels ou des logements loués à cette fin des personnes qui ont perdu leur domicile dans la tragédie.