VIDEO. Le Brésil redoute des centaines de morts après la rupture d'un barrage

ACCIDENT La rupture vendredi d'un barrage minier dans le sud-est du Brésil a fait neuf morts, et environ 300 personnes sont portées disparues...

20 Minutes avec AFP

— 

Des images aériennes impressionnantes diffusées par les pompiers montrent une véritable marée de boue de couleur marron aux reflets grisâtres recouvrant d'immenses surfaces de végétation.
Des images aériennes impressionnantes diffusées par les pompiers montrent une véritable marée de boue de couleur marron aux reflets grisâtres recouvrant d'immenses surfaces de végétation. — Douglas Magno / AFP

La rupture d’un barrage du géant minier Vale a tué au moins neuf personnes au Brésil, mais le bilan pourrait considérablement s’alourdir, avec quelque 300 personnes disparues samedi et des « chances minimes » de retrouver des survivants.

« La police, les pompiers et les militaires ont tout fait pour tenter de secourir d’éventuels survivants, mais nous savons qu’à partir de maintenant les chances sont minimes et nous ne trouverons probablement que des corps », a indiqué à la presse Romeu Zema, gouverneur de l’État de Minas Gerais, où une tragédie similaire avait fait 19 morts en 2015. Les autorités locales ont précisé que 270 personnes qui se trouvaient sur le site de Vale avaient été retrouvées en vie.

Une marée de boue

La rupture d’un barrage du complexe minier de Córrego do Feijão, qui en compte trois au total, a eu lieu vendredi en début d’après-midi à Brumadinho, commune de 39.000 habitants située à 60 km au sud-ouest de Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais.
Une véritable marée de boue de couleur marron aux reflets grisâtres recouvrait d’immenses surfaces de végétation, et de nombreuses maisons ont été détruites, a constaté un photographe de l’AFP qui a survolé la zone.

« La plupart des personnes touchées sont nos employés », a affirmé le PDG de Vale, Fabio Schvartsman, lors d’une conférence de presse. « Nous ne connaissons pas encore le nombre des victimes, mais nous savons qu’il sera élevé », a-t-il ajouté. Il a précisé que la cantine avait été engloutie par la coulée de boue à l’heure du déjeuner.
« La tragédie environnementale devrait être moindre que celle de 2015, mais la tragédie humaine bien plus importante », a conclu le dirigeant, dont l’entreprise était également impliquée dans le drame d’il y a trois ans et deux mois.

« Ils ne veulent rien dire ! »

Les actions de Vale ont chuté de plus de 8 % à la clôture de la Bourse de New York, après avoir plongé dans un premier temps de plus de 11 % à l’annonce de cette nouvelle tragédie. Le site internet d’informations G1 a affirmé que la Justice du Minas Gerais avait ordonné de bloquer des comptes bancaires totalisant un milliard de reals (233 millions d’euros) en prévision de l’indemnisation des victimes.

À Brumadinho, de nombreux proches de salariés de la mine attendaient des nouvelles avec anxiété et ne cachaient pas leur révolte face au peu d’informations obtenues auprès des autorités. « Ils ne veulent rien dire ! Ce sont nos fils, nos maris, et personne ne dit rien. Mon neveu de cinq ans m’a demandé si son père était mort. Qu’est-ce que je vais lui dire ? », a déclaré Olivia Rios.

Selon le gouvernement du Minas Gerais, une centaine de pompiers a été mobilisée et plusieurs dizaines hélicoptères ont été utilisés pour les secours. L’un deux apparaît dans une vidéo hissant une femme semblant blessée, tandis que deux personnes étaient enlisées dans la boue jusqu’à la taille. Le président Jair Bolsonaro a affirmé qu’il se rendrait au Minas Gerais samedi pour survoler la zone du désastre dans la matinée.